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Fraternité des policiers
Le maire de Saguenay ordonne au président de se taire
Mise à jour le mardi 15 août 2006, 17 h 23 .


Maire de Saguenay Jean Tremblay
Le maire de Saguenay, Jean Tremblay (archives)
Le maire Jean Tremblay a profité de la séance du conseil municipal lundi soir, pour exprimer sa pensée au président de la Fraternité des policiers de Saguenay, Marc Sénéchal.

Le maire a qualifié de complètement déplacées les déclarations publiques du président sur les besoins en formation et en équipement des policiers.

Dans un article du Quotidien paru samedi, M. Sénéchal affirme en effet que les policiers de Saguenay n'ont pas des ressources suffisantes pour pouvoir intervenir de manière sécuritaire dans des situations délicates, comme lors d'une prise d'otages ou lorsqu'une personne est barricadée. Le policier déplore la disparition de l'Unité spéciale d'intervention de Chicoutimi, à la suite des fusions municipales.

À la fin de la séance municipale, visiblement furieux, le maire Tremblay a interrompu le président de la fraternité des policiers, qui s'était présenté à la tribune réservée aux interventions du public pour répondre aux remarques du maire.

« Vous êtes un employé de la Ville, vous êtes mon employé, je suis votre patron. Allez vous asseoir, vous n'avez pas d'affaires à venir passer de commentaires sur moi. Allez vous asseoir, sinon vous allez avoir une note dans votre dossier. Allez vous asseoir! », a-t-il déclaré.

Le président de la fraternité, Marc Sénéchal, est resté stoïque devant cette réprimande. À l'issue de la séance, il a dit croire que la colère du maire s'explique de la façon suivante: « J'ai l'impression qu'il a complètement perdu les pédales parce qu'il ne maîtrise pas ce dossier, il ne le comprend pas. Et, je comprends, parce que c'est technique ce dossier. »

À cela, Jean Tremblay a répliqué, mardi, qu'il maîtrisait parfaitement le dossier: « Penser qu'on prend des décisions sans connaître nos dossiers ... Il ne faut pas nous prendre pour des enfants non plus. Habituellement, quand on prend une décision, on s'informe. Ça serait le seul dossier qu'on ne connaît pas. »

Le maire Tremblay a aussi invité le policier à boucler sa valise et à aller travailler pour un autre corps de police, s' il n'était pas satisfait de ses conditions de travail. M. Sénéchal lui a répondu ceci: « J'ai un dossier disciplinaire sans tache moi. J'ai 21 ans de service ici, j'ai une grande crédibilité. Ce n'est pas M. le maire qui va briser ma crédibilité, ça ce n'est pas vrai. »

M. Sénéchal a répété que la sécurité du public et celle de ses policiers sont les seuls motifs qui ont guidé sa sortie dans les médias.

Extrait audioJacques Gauthier rapporte les propos de Jean Tremblay