Québec ne veut pas faire de Port-Alfred une autre Gaspésia

Claude Béchard (archives) Claude Béchard (archives)

Le gouvernement Charest refuse d'investir davantage dans la relance de l'usine Abitibi-Consolidated de Port-Alfred.

De passage à Roberval, le ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Claude Béchard, a estimé raisonnables les efforts déployés par Québec pour aider à la remise en production de cette usine fermée depuis deux ans.

Le ministre a fait preuve de la même prudence à l'endroit d'Alcan, qui menace de fermer l'usine Vaudreuil, du Complexe Jonquière, d'ici 2007.

Le ministre du Développement économique, Claude Béchard, affirme que son gouvernement ne ferme pas la porte à la relance de cette papeterie, mais qu'il n'en sera pas le promoteur. Il demande aussi à l'Alcan d'annoncer ses couleurs concernant l'avenir de l'usine Vaudreuil.

Devant les membres de la Chambre de commerce et d'industrie de Roberval, Claude Béchard a vanté les mérites de la nouvelle stratégie de développement économique de son gouvernement. Celle-ci, a-t-il rappelé, vise à accroître la marge de manoeuvre des entreprises pour créer de la richesse.

L'usine Port-Alfred L'usine Port-Alfred

En d'autres mots, fini l'interventionnisme de l'État pour aider les canards boiteux: « On n'a plus d'argent à gaspiller. C'est clair que c'est pas le gouvernement qui doit repartir les entreprises comme promoteur. C'est pas le rôle d'un gouvernement. Là où on le fait, ça ne marche pas et on appelle ça un régime communiste », dit-il.

Dans ce contexte, la région doit oublier tout éventuel investissement du gouvernement Charest pour favoriser la relance de l'usine Port-Alfred. En tout cas, pas à titre de promoteur: « Je pense qu'il y a personne qui veut que l'on fasse de Port-Alfred une Gaspésia 2. Tout nouveau projet qui va arriver, là on va le regarder. C'est pas parce que le guichet automatique gouvernemental est fermé que l'on a pas d'argent et qu'on est pas prêt à aider pour de bons projets. Mais, ce n'est pas au gouvernement du Québec à être promoteur et à relancer l'usine tout seul », a-t-il précisé.

L'usine Vaudreuil du complexe Jonquière d'Alcan.

Voilà qui augure aussi bien mal pour le sauvetage de l'usine Vaudreuil du complexe Jonquière, qu'Alcan envisage de fermer en 2007. À ce propos, Claude Béchard demande à la multinationale de l'aluminium d'annoncer tout de suite ses couleurs: « Ce que je veux savoir comme ministre du Développement économique, et ce que nous avons demandé à Alcan, c'est quoi le plan de match. À quoi peut-on s'attendre pour Jonquière pour les 5, 10 prochaines années. Ensuite, le gouvernement pourra mieux juger les projets », conclut le ministre.