1886 - Premier rappel à l’ordre
Le 8 avril, la 5e session de la 5e législature est ouverte. C'est la première séance à se tenir dans le Salon vert de l'Assemblée législative. Le 12 mai, une plainte est déposée à l’endroit du député de Kamouraska, Charles-Antoine-Ernest Gagnon, pour avoir « violé les règles du décorum parlementaire en interrompant les travaux de la Chambre par une conduite désordonnée ». Le député est rappelé plusieurs fois à l’ordre, mais ne sera pas sanctionné. (PHOTO: CRÉDIT ASSEMBLÉE NATIONALE)
1912 - « Un homme, un vote »
Le gouvernement de Lomer Gouin démocratise le droit de suffrage en adoptant une loi qui élargit le droit de vote à presque tous les hommes de 21 ans et plus. En abolissant aussi le vote plural, qui permettait à un citoyen de voter dans toutes les circonscriptions où il possédait des biens immobiliers, les libéraux disent établir le principe « un homme, un vote ». La nouvelle loi stipule qu’un électeur ne peut voter que dans la circonscription où il a son domicile. Cette réforme démocratique est toutefois très imparfaite, car elle ne concerne que les hommes.
1937 - La « loi du cadenas »
Le 24 mars, le gouvernement de Maurice Duplessis fait adopter la Loi protégeant la province contre la propagande communiste, mieux connue sous le nom de « loi du cadenas ». Cette loi, fortement contestée, permet aux autorités d’ordonner la fermeture de maisons ou d’établissements soupçonnés de propagande communiste et de bolchevisme. La loi interdit aussi toute publication ou distribution de documentation communiste, sous peine d’emprisonnement. Dans les faits, elle sert surtout à lutter contre le mouvement syndical, que Duplessis associait au communisme. La loi sera déclarée inconstitutionnelle par la Cour suprême du Canada le 8 mars 1957.
1940 - Le droit de vote aux femmes
Malgré la forte opposition des milieux religieux et conservateurs avec en tête le cardinal Rodrigue Villeneuve et le chef de l'Union nationale, Maurice Duplessis, les femmes du Québec remportent une grande victoire le 18 avril quand le gouvernement libéral d'Adélard Godbout fait adopter par l'Assemblée législative la Loi accordant aux femmes le droit de vote et d'éligibilité. Le Québec devient la dernière province à reconnaître ce droit aux femmes, qui l’ont obtenu aux élections fédérales en 1917.
1944- Le retour de Duplessis
Les élections générales du 8 août marquent le retour au pouvoir de Maurice Duplessis, élu pour une première fois en 1936. L'Union nationale obtient 38 % du vote et fait élire 48 députés, contre 37 pour le Parti libéral, qui récolte la faveur de 39 % des électeurs. Le règne de Duplessis prendra fin à sa mort en fonction le 7 septembre 1959 et sera marqué par la forte présence des entreprises étrangères dans l’économie du Québec, le trafic d’influence et l’hégémonie de l’Église dans plusieurs domaines, notamment en santé et en éducation.
1948 - Adoption du fleurdelisé
Le premier ministre Maurice Duplessis surprend les élus le 21 janvier 1948 en annonçant que le Québec vient d’adopter, par décret gouvernemental, son propre drapeau. Au moment même où il prend la parole en Chambre, le fleurdelisé est hissé au sommet de la tour centrale de l'hôtel du Parlement, en lieu et place de l'Union Jack, le drapeau britannique, symbole de la conquête. Par ce geste, Duplessis ouvre aussi la voie à un nouveau nationalisme québécois articulé autour de l’État, de la langue et de la culture.
1960 - Les libéraux au pouvoir
Le 22 juin, Jean Lesage et « l’équipe du tonnerre », dont les principales figures sont René Lévesque, Paul Gérin-Lajoie et Georges-Émile Lapalme, mettent fin à 15 ans de pouvoir de l’Union nationale en faisant élire 51 députés contre 43 pour les unionistes. Fidèles à leur slogan de campagne, « C’est le temps que ça change », les libéraux mettent en branle une série de réformes en matière d’éducation, de santé et d’économie. L’expression « Révolution tranquille », utilisée pour décrire cette période de modernisation accélérée entre 1960 et 1966, est prononcée pour la première fois par un journaliste du Globe and Mail.
1961 - Une première femme élue
L’élection partielle tenue dans la circonscription de Jacques-Cartier le 14 décembre 1961 est à marquer d’une croix blanche : en effet, pour la première fois de l’histoire, c’est une femme qui est élue. Marie-Claire Kirkland-Casgrain, fille de Marie-Thérèse Casgrain, ancienne présidente de la Ligue des droits des femmes, conserve le siège laissé vacant par son père, Charles-Aimé Kirkland, décédé en cours de mandat. Onze mois plus tard, elle est réélue lors de l'élection générale avec une avance de plus de 50 000 voix, une majorité sans précédent au Québec. Elle devient en 1964 la première femme nommée ministre et sera à l’origine du projet de loi qui mettra fin à l’incapacité juridique de la femme mariée. Elle restera la seule femme à siéger à l’Assemblée nationale jusqu’en 1973.
1969 - Le « Bill 63 »
Le 20 novembre, l’Assemblée nationale adopte la loi 63 aussi appelée « Bill 63 », qui consacre le principe de liberté de choix de la langue d’enseignement. Le débat entourant son adoption est extrêmement émotif, avec des injures et des insultes qui fusent de toute part en Chambre. Cette loi du gouvernement unioniste de Jean-Jacques Bertrand est néanmoins soutenue par la grande majorité des députés de l’Assemblée nationale, y compris le futur premier ministre libéral, Robert Bourassa. Quelques élus s’y opposent vivement, au premier chef René Lévesque, mais aussi Yves Michaud, Antonio Flamand, Gaston Tremblay et Jérôme Proulx. Au sein de la population, la loi 63 soulève la colère. Le 31 octobre, 50 000 personnes manifestent leur opposition devant l’Assemblée nationale en criant : « Bertrand, traître! »
1970 - La crise d’Octobre
Le 5 octobre à 8 h 15 le Front de libération du Québec (FLQ) enlève l’attaché commercial de la Grande-Bretagne, James Richard Cross. Le 10, le ministre du Travail et de la Main-d’œuvre, Pierre Laporte, est enlevé à son tour. Le 15, le premier ministre Robert Bourassa fait appel à l’armée. À l’Assemblée nationale, le chef de l’Union nationale, Jean-Jacques Bertrand, et Camille Samson, le chef du Ralliement créditiste, appuient sans réserve le gouvernement. Seul le chef de l’aile parlementaire du Parti québécois, Robert Burns, émet des réserves. Le 17 octobre, Pierre Laporte est retrouvé mort. Pour des raisons de sécurité, le gouvernement s’installe provisoirement au dernier étage de l’Hôtel Reine-Elizabeth. La crise d’Octobre prend fin le 28 décembre avec la reddition des têtes dirigeantes du FLQ, Paul Rose, Jacques Rose et Francis Simard.
1976 - Élection du PQ
Le 15 novembre 1976, 3 360 000 électeurs se rendent aux urnes pour élire le premier gouvernement souverainiste de l’histoire du Québec. Le Parti québécois (PQ), dirigé par René Lévesque, 54 ans, obtient 41,4 % des suffrages exprimés et fait élire 71 députés contre 26 pour les libéraux de Robert Bourassa, au pouvoir depuis 1970. Le nouveau cabinet, un des plus instruits de l’histoire, est assermenté le vendredi 26 novembre. Le gouvernement péquiste fera adopter plusieurs lois importantes, notamment sur la protection du territoire agricole et l’instauration du régime public d’assurance automobile.
1977 - Loi 101
Le 26 août, l’Assemblée nationale adopte par 54 voix contre 32 la Charte de la langue française. Aussi appelée « loi 101 », elle va plus loin que la loi 22, adoptée en 1974. Elle a pour objectif d’assurer la primauté du français dans l’enseignement et dans les milieux de travail, ainsi que dans l’affichage public et la publicité commerciale, qui ne doivent se faire qu’en français. Celui que l’on considère « le père » de la loi 101, le ministre d’État au Développement culturel, Camille Laurin, est longuement ovationné en Chambre.
1980 - Premier référendum
Du 4 au 20 mars, les députés de l’Assemblée nationale débattent pendant 35 heures de la question référendaire que le chef du Parti libéral, Claude Ryan, qualifie « d’emberlificotée ». Le 20 mai, le verdict tombe. Le NON obtient 59,56 %, et le OUI, 40,44 %. Le NON triomphe dans 9 des 10 régions du Québec. Le OUI n'obtient une majorité que dans 16 des 110 circonscriptions. Le premier ministre, René Lévesque, lance à ses partisans réunis au centre Paul-Sauvé : « Si je vous ai bien compris, vous êtes en train de me dire : "À la prochaine fois". »
1984 - Tuerie au parlement
Le 8 mai restera une journée sombre dans l’histoire du Québec. Peu après 9 h, le caporal Denis Lortie pénètre dans l’Assemblée nationale et ouvre le feu sur des membres du personnel, tuant 3 personnes et en blessant 13 autres. Plus tôt en matinée, le militaire de 25 ans avait remis une cassette audio à un animateur d’une station de radio de Québec dans laquelle il expliquait en termes confus son intention d’abattre le gouvernement, qui heureusement ne siégeait pas ce jour-là. Lortie sera arrêté et condamné à la prison à vie.
1990 - Échec de l’accord du lac Meech
L’accord du lac Meech, qui devait permettre au Québec de réintégrer la constitution canadienne « dans l’honneur et l’enthousiasme », meurt le 22 juin quand les assemblées législatives du Manitoba et de Terre-Neuve refusent de le ratifier, car elles s’opposent à la reconnaissance du Québec comme « société distincte ». Le premier ministre Robert Bourassa se lève en Chambre et déclare, solennel : « Le Canada anglais doit comprendre de façon très claire que quoi qu’on dise et quoi qu’on fasse, le Québec est, aujourd’hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d’assumer son destin et son développement. » Dans les semaines suivantes, l’appui à la souveraineté dépasse les 70 % dans les sondages, un sommet inégalé.
1995 - Deuxième référendum
À l’automne 1995, le Québec est de nouveau frappé par la fièvre référendaire. Le 20 septembre, après deux semaines de débats, la question est adoptée sans ajout ni amendement par 75 votes contre 44, même si les libéraux ont tenté en vain d’y faire inclure les mots « pays souverain ». Le 30 octobre, le NON l’emporte avec 50,56 % des votes exprimés contre 49,45 % pour le OUI. Seulement 52 448 votes séparent les deux camps. Le lendemain, le premier ministre Jacques Parizeau annonce sa démission.
2007 - Premier gouvernement minoritaire
Pour la première fois depuis 1878, les Québécois élisent un gouvernement minoritaire aux élections générales du 26 mars. Le Parti libéral récolte 33 % des intentions de vote et fait élire 48 députés, contre 41 pour l’Action démocratique du Québec et 36 pour le Parti québécois. La question des accommodements raisonnables anime les débats durant la campagne.