Drame dans une garderie : le tireur aurait voulu s'en prendre à son ex-conjointe

Le compte rendu de Catherine Lanthier

Les circonstances entourant le meurtre qui a causé tout un émoi dans une garderie de Gatineau vendredi matin s'éclaircissent peu à peu et laissent présager que l'événement aurait pu faire au moins une autre victime.

Selon les informations obtenues par Radio-Canada, Robert Charron, 49 ans, a fait irruption dans la pouponnière de la garderie, où se trouvaient cinq bébés qui ont été témoins de la scène, avant d'abattre un employé. Le tireur s'est ensuite dirigé dans l'autre bâtiment de la garderie où il aurait tenté de s'en prendre à la directrice de l'établissement, son ex-conjointe. Il l'aurait aspergé d'essence dans le but de la brûler vive. La femme a réussi à prendre la fuite.

Un périmètre de sécurité est toujours en place près de la garderie. Un périmètre de sécurité est toujours en place près de la garderie.

Le tireur, un résident de Denholm, un village situé au nord de Gatineau, s'est alors caché dans une pièce vide, où il s'est enlevé la vie, à l'abri du regard des 48 enfants présents à cet endroit.

Selon les policiers, le tireur aurait mal accepté sa rupture conjugale récente. Ils ajoutent qu'aucune information n'indique que l'événement est lié à un triangle amoureux.

L'identité de l'employé abattu, un Français de 38 ans, n'a pas été dévoilée. Les policiers souhaitent laisser le temps à la famille d'aviser les proches de façon convenable. Selon le copropriétaire d'un des édifices, Dorcéna Dorzilmé, l'employé était un homme gentil, courtois et respectueux. « C'est sûr que ça apporte beaucoup de peine et de chagrin », a-t-il raconté.

Les deux locaux sont situés sur la rue Gamelin, dans le secteur de Hull, et abritent la garderie Les racines de vie Montessorie.

Les événements ont créé une onde de choc dans la communauté.

Les voisins en aide

Les enfants et les éducateurs de la garderie se sont rapidement réfugiés dans la maison de Louise Robitaille, une voisine de la garderie qui avait déjà offert sa maison en cas d'évacuation. Au départ, elle a remarqué que les enfants se promenaient sur son terrain sans manteau et que plusieurs étaient en pleurs. Elle les a ensuite accueillis, avec l'aide des propriétaires de sa résidence, Rhéal Mayer et sa conjointe, qui habitent à l'étage.

Louise Robitaille a pris en charge certains enfants après l'évacuation de la garderie. Louise Robitaille a pris en charge certains enfants après l'évacuation de la garderie.

Louise Robitaille a indiqué que certains enfants avaient vu « un chasseur » dans la garderie. Pour les calmer, Mme Robitaille a décidé de leur lire des histoires. Des employés de l'Hôpital de Hull, située en face de la résidence, ont apporté de la nourriture aux enfants.

Elle souligne qu'un des poupons avait du sang sur les mains. « On le surveillait qu'il ne mette pas ses doigts dans la bouche, parce que les policiers voulaient prendre des portraits de ça », a-t-elle raconté.

Par ailleurs, Marie-Claude Le Clair a confié que sa petite-fille était à l'intérieur de la garderie au moment du drame. « Elle a vu quelqu'un avec fusil et elle a pensé que c'était un jouet », a-t-elle indiqué. L'enfant a raconté avoir suivi les consignes de sécurité des éducatrices dès que l'une d'entre elles a utilisé un sifflet.

Rappel des faits

Les policiers ont reçu un appel d'urgence peu après 10 h 25, vendredi matin, au sujet d'un homme armé et menaçant dans une garderie. À leur arrivée, ils ont découvert une arme de chasse près d'un corps.

Des policiers transportent les enfants de la garderie dans des autobus. Des policiers transportent les enfants de la garderie dans des autobus.

Les 53 enfants, dont cinq bébés, et les éducateurs ont été placés rapidement en sécurité à la suite des événements. Les policiers ont ensuite amené les enfants à bord d'autobus.

Plusieurs parents sont arrivés sur place dans les minutes suivant l'événement. Certains d'entre eux étaient affolés puisqu'ils ne savaient pas dans quel état se trouvait leur enfant.

Le maire de Gatineau, Marc Bureau, a exprimé de la sympathie envers les parents des enfants présents à la garderie et les employés. Il a rappelé qu'ils peuvent demander du soutien psychologique au Centre d'aide aux victimes d'actes criminels ou au Centre d'aide 24/7.

Par ailleurs, des autopsies seront pratiquées sur les corps des deux hommes la semaine prochaine.