Les patients paieront le prix des coupes à l'Hôpital d'Ottawa, selon les syndicats

Le journaliste André Dalencour a assisté à la conférence de presse des syndicats

Les syndicats qui représentent la majorité des employés de l'Hôpital d'Ottawa ont dénoncé, vendredi matin, les compressions annoncées plus tôt cette semaine par l'établissement.

Contrairement aux dires de la direction, les syndicats estiment que les services à la population seront touchés par l'abolition de 290 emplois à temps plein, dont 90 postes d'infirmières.

« Les coupes vont affecter la qualité des services, c'est sûr. C'est seulement le début. On prévoit que ça va être de pire en pire. Ce n'est pas la bonne façon [de faire] de couper les services en santé pour couper le déficit provincial. » — François Boileau, porte-parole du Syndicat canadien de la fonction publique
Le personnel à l'Hôpital d'Ottawa. Le personnel à l'Hôpital d'Ottawa.

Selon l'Association des infirmières et infirmiers de l'Ontario, c'est 100 000 heures de soins aux patients qui disparaîtront annuellement et ce, dans un contexte où certains patients sont déjà retournés à la maison de façon prématurée, faute de ressources.

Par ailleurs, les syndicats contestent l'évaluation que fait l'établissement du nombre d'emplois actuellement vacants. L'Hôpital d'Ottawa affirmait que les employés visés par les compressions se verraient offrir un des 600 emplois disponibles. Toutefois, selon les syndicats, ces postes sont dans les faits occupés par des employés temporaires.

Un des plus faibles taux d'infirmières par habitant au pays

Le fait que le Centre de santé et de services sociaux de Gatineau (CSSS) fasse les yeux doux aux infirmières qui perdront leur emploi inquiète aussi les syndicats.

Une infirmière de l'Ontario qui souhaiterait venir travailler au Québec n'a pas d'examen à passer. Elle doit simplement être inscrite à son ordre professionnel demeurer active au moment de sa demande et avoir exercé 500 heures au cours des quatre dernières années.

Selon le CSSS, il y aurait près de 300 postes vacants juste pour la région de l'Outaouais.

Le porte-parole du syndicat de la fonction publique, Local 4000, Paul Boileau Le porte-parole du syndicat de la fonction publique, Local 4000, Paul Boileau

La situation de l'Ontario n'est pas tellement plus reluisante estiment les syndicats. La province aurait l'un des plus faibles taux d'infirmières par habitant au pays et cela risque d'empirer.

« Déjà on travaille à capacité à environ 105 %. Quand les coupes vont arriver c'est qui qui va faire le travail? » — Paul Boileau, porte-parole du Syndicat canadien de la fonction publique

D'après les syndicats, rien qu'à l'Hôpital d'Ottawa, c'est 1 500 postes qui pourraient être menacés au cours des prochaines années.

Mercredi, l'administration annonçait qu'elle allait procéder à des compressions afin de réduire ses dépenses de 31 millions de dollars durant la prochaine année financière.