Cela fait près de deux mois que les militants et sympathisants de « Idle No More » sont mobilisés. Pourtant selon de récents sondages, les Canadiens en savent encore bien peu sur ce mouvement.
Ils étaient plusieurs centaines de manifestants à avoir battu le pavé dans les rues d'Ottawa, lundi. Une démonstration de force malgré le froid et la neige. Dans le camp des manifestants, l'optimisme demeure.
Le chef de la Première nation de Serpent River, Isadore Day
« Idle No More » a réussi à capter l'attention des médias, mais certains sont conscients que cela ne va pas durer. Le chef de la Première nation de Serpent River, Isadore Day, estime que la grève de la faim de Theresa Spence a cristallisé l'attention de l'opinion publique, mais que la pression semble redescendre.
Un récent sondage de La Presse Canadienne/Harris Decima révèle en fait que les Canadiens connaissent peu le mouvement autochtone et que les Québecois sont les moins au courant par la cause au pays.
Sondage CBC/Nanos
Paradoxalement, un autre sondage de CBC /Nanos montre que par rapport à la moyenne nationale, les Québécois et les Ontariens sont ceux qui pensent le plus que les barrages routiers sont utiles à la cause.
La professeure en sciences sociales de l'Université du Québec en Outaouais, Charmaine Levy, croit qu'à trop déranger, « Idle No More », court le risque de susciter l'hostilité et de perdre ainsi son capital de sympathie dans la région d'Ottawa.
La professeure en sciences sociales de l'Université du Québec en Outaouais, Charmaine Levy
Elle explique que contrairement à la grève des enseignants en Ontario, par exemple, une problématique qui touche beaucoup de monde, le mouvement autochtone ne rejoint pas autant la population.
Selon elle, l'avenir de « Idle No More » dépendra de la capacité de ses meneurs à obtenir des victoires sur le plan politique et pas simplement dans la rue.
D'après le reportage d'André Dalencour