Des danses érotiques pour aider les enfants

Le journaliste Louis Blouin nous parle de cette collecte de jouets particulière

Une campagne de bienfaisance controversée est en cours à Ottawa jusqu'au 22 décembre. Pour la première fois, un bar de danseuses de la capitale nationale recueille des jouets pour les enfants démunis en échange d'une danse gratuite.

En une semaine, l'établissement a reçu de ses clients 80 jouets neufs. En échange du don, qui peut se faire entre 11 h 30 et 18 h 30, ils ont droit à une danse gratuite à leur table. Lorsqu'un jouet est ainsi donné, la danseuse renonce à son pourboire habituel de 20 $.

« C'est pour les enfants, ça ne nous dérange pas. Ce n'est pas une danse à 40 $, ça ne coûte rien. » — Mélina, danseuse nue
Mélina, danseuse nue Mélina, danseuse nue

Les danseuses ont bien répondu au projet des propriétaires du bar, mais il suscite quand même un malaise. L'organisme qui a reçu la première livraison de jouets a préféré garder l'anonymat.

Un autre organisme, la « Debra Dynes Family House », s'est retiré de son entente avec le bar, peu de temps après l'appel de Radio-Canada.

L'Armée du Salut d'Ottawa et Toy Mountain, qui recevront le reste des dons, n'ont pas rappelé Radio-Canada, non plus.

La copropriétaire de bar, Carmen Bentivoglio, dit comprendre que l'initiative suscite la controverse, mais ce qui compte pour elle, c'est que les enfants auront un plus beau Noël grâce à cette collecte de jouets. Plusieurs clients sont aussi de cet avis.

« J'ai toujours trouvé que n'importe quoi qui se fait pour les enfants à Noël, c'est une bonne idée. » — Garry Dagenais, client
La porte-parole d'Action ontarienne contre la violence faite aux femmes, Josée Guindon La porte-parole d'Action ontarienne contre la violence faite aux femmes, Josée Guindon

Selon la porte-parole de l'Action ontarienne contre la violence faite aux femmes, Josée Guindon, cette campagne de bienfaisance enlève la culpabilité que le client pourrait ressentir par rapport à l'exploitation sexuelle qu'il fait.

Elle voit dans ce geste une opération marketing qui se fait au détriment des femmes.

Malgré la controverse, les propriétaires du bar entendent recommencer l'année prochaine et espèrent que d'autres établissements du genre vont emboîter le pas.

Avec le reportage de Louis Blouin