Les médias sociaux se taillent lentement une place à l'école

Le journaliste Patrick Pilon a rencontré différents intervenants pour cerner les enjeux entourant l'utilisation des médias sociaux à lÉécole.

De plus en plus d'écoles se demandent si Facebook a sa place dans les salles de classe. Certains intervenants y voient des vertus éducatives. Malgré tout, la majorité des établissements restent hésitants à débloquer l'accès à Facebook, Twitter et YouTube dans les classes.

La commission scolaire des Portages-de-l'Outaouais (CSPO) reconnaît ne pas en être là pour l'instant. « On en est à éduquer notre monde », explique le directeur des communications, Pierre Ménard.

Les commissions et conseils scolaires ont ainsi décidé d'encadrer la présence en ligne de leurs membres. Depuis septembre, de nombreux enseignants doivent respecter des lignes directrices pour l'utilisation des médias sociaux.

L'Ordre des enseignants de l'Ontario recommande ainsi aux enseignants de refuser les demandes d'amis de la par des jeunes sur leur page Facebook. « Les élèves ne sont pas nos amis, ils sont nos élèves », souligne la porte-parole Gabrielle Barkany.

Les commissions scolaires demandent également aux enseignants, qui agissent comme modèles auprès des élèves, de se comporter en ligne comme s'ils étaient en classe.

Cette approche prudente pousse toutefois certains à se demander si on empêche les écoles de tirer profit des vertus éducatives des médias sociaux.

Un professeur de musique dans une école secondaire d'Ottawa a pris les devants sur Facebook. En plus d'y recommander à ses élèves de nouveaux artistes, il leur enseigne à utiliser les réseaux sociaux pour promouvoir la culture francophone.

« Facebook peut permettre d'engager les élèves. Ça permet de faire la promotion de leur spectacle. En plus, à cause du réseautage, ils peuvent écrire leurs noms. Leurs amis, parents, grands-parents peuvent émettre des commentaires. » — Serge Monette, musicien et pédagogue

Établir des balises contre l'intimidation

La policière Caroline Gallant est intervenante dans une vingtaine d'écoles secondaires d'Ottawa. Elle croit que l'émergence des réseaux sociaux chez les jeunes du secondaire a multiplié les cas d'intimidation. « Ils n'ont pas peur du réseau et ne comprennent pas toujours les conséquences », dit-elle.

« Toutes nos batailles qu'on va voir dans les écoles ou des menaces, tout commence sur Facebook. » — L'agente Caroline Gallant

De son côté, la commission scolaire des Portages-de-l'Outaouais estime qu'elle a un mandat d'éduquer ses élèves « à la réalité de la vie. On sentait qu'il fallait poser un geste pour accompagner autant notre personnel que nos élèves dans ce nouveau phénomène-là », souligne Pierre Ménard.

À Montréal, une soixantaine d'écoles de la commission scolaire Lester B. Pearson offrent un programme de formation à la citoyenneté numérique. En obtenant leur « passeport », les élèves gagnent progressivement accès à Internet sans fil dans les écoles.

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