Au Canada, des milliers de réfugiés, demandeurs d'asile et sans-papiers n'ont toujours pas droit à certains soins de santé à la suite des compressions dans le Programme fédéral de santé intérimaire (PFSI). Depuis le 1er juillet, ces personnes n'ont plus accès gratuitement à ce programme pour les soins dentaires, les examens de la vue et les médicaments jugés non urgents.
Le collectif Justice Santé dénonce cette situation jugée intenable pour les demandeurs d'asile et les sans-papiers qui n'arrivent pas à obtenir des services de santé. L'organisme regroupe des travailleurs de la santé qui se sont mobilisés pour réclamer des soins de santé pour tous.
L'organisme joint sa voix au groupe Canadian Doctors for Refugee Care. Ce dernier récemment répertorié de nombreux cas de personnes qui n'ont pas pu accéder à certains soins de santé en raison des compressions au PFSI.
Selon Anne Marie Gallant, infirmière et membre du collectif Justice Santé, « le gouvernement fédéral, en faisant les coupes, a tenu un discours qui vise à déshumaniser les personnes immigrantes. »
Le collectif réclame le retour du Programme fédéral de santé intérimaire. L'organisme demande au gouvernement du Québec de compenser l'absence du programme fédéral pour les immigrants vivant dans la province, notamment en ce qui a trait à l'accès aux médicaments.
En juin dernier, des professionnels de la santé d'un peu partout au Canada s'étaient mobilisés contre l'intention du gouvernement conservateur de limiter l'accès aux soins de santé des demandeurs d'asile. Selon les groupes de médecins, le gouvernement conservateur fait fausse route et met en péril la santé des réfugiés, incluant les femmes enceintes et les enfants.
Pour Ottawa, les compressions au PFSI représentent une économie de 100 millions de dollars sur cinq ans.
D'après le reportage de René Hardy.