Des fonctionnaires fédéraux sous l'effet du stress

La journaliste Brigitte Bureau a rencontré Clarissa, dont le mari fonctionnaire s'est enlevé la vie.

Exclusif - Des fonctionnaires fédéraux rapportent un niveau de stress sans précédent depuis le début du processus de compressions. Le Programme d'aide aux employés (PAE) enregistre d'ailleurs une hausse importante des appels. Le climat de travail difficile aurait même poussé un fonctionnaire à poser un geste dramatique.

En avril dernier, Clarissa et son mari Eric ont appris, tous les deux, que leur emploi était ciblé par les compressions. Son conjoint, un avocat au ministère de la Justice, l'a très mal pris. Il souffrait déjà de troubles d'anxiété.

« Les compressions ont été l'élément déclencheur de sa descente aux enfers. » — Clarissa, fonctionnaire fédérale
Eric, un fonctionnaire fédéral touché par les compressions, s'est enlevé la vie en juillet dernier. Eric, un fonctionnaire fédéral touché par les compressions, s'est enlevé la vie en juillet dernier.  Photo :  Courtoisie

Ils étaient 32 avocats dans son secteur à se faire concurrence pour les onze postes maintenus. « Tout le monde voulait les meilleurs dossiers, travaillait de longues heures. Mon mari a même annulé ses vacances », souligne Clarissa.

Même s'il était reconnu comme un des meilleurs avocats dans son domaine, Eric n'en pouvait plus.

En juillet dernier, il s'est enlevé la vie.

L'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) est pleinement consciente que les vagues d'envois d'avis de postes excédentaires causent de l'anxiété chez les fonctionnaires fédéraux.

« Il y a un niveau de stress actuellement dans la fonction publique qui m'inquiète, qui me désole. [...] C'est le pire que j'ai jamais vu dans mes trente ans à la fonction publique fédérale. » — Larry Rousseau, vp exécutif régional de l'AFPC

En 2011, près de la moitié des réclamations d'assurance invalidité sont attribuables à des problèmes de santé mentale, comme la dépression. C'est plus du double d'il y a vingt ans.

Le nombre de réclamations d'assurance invalidité attribuables à des problèmes de santé mentale a doublé en vingt ans. Le nombre de réclamations d'assurance invalidité attribuables à des problèmes de santé mentale a doublé en vingt ans.

Le psychiatre Jean-Claude Bisserbe, du Centre de santé mentale Royal Ottawa, rappelle que la perte d'un emploi compte parmi les événements les plus éprouvants. La situation est pire pour les personnes déjà fragilisées. « Cette dose d'incertitude et de menace, elle va peser très lourd chez les gens qui ont une histoire difficile antérieure », dit-il.

Réactions du gouvernement Harper

De son côté, le bureau du ministre responsable de la fonction publique, Tony Clement, explique dans un courriel que le gouvernement conservateur essaie « d'aider le plus possible ceux qui quittent la fonction publique ». Il rappelle d'ailleurs que les employés ont accès au programme d'aide.

Malgré le drame qu'elle a vécu, Clarissa suggère aussi fortement à ses collègues de ne pas hésiter à aller chercher de l'aide. Elle souligne qu'il ne faut pas perdre espoir et ajoute avoir depuis retrouvé un travail dans la fonction publique.

Ressources disponibles pour venir en aide aux employés fédéraux touchés par les compressions

Les employés fédéraux qui vivent une période de stress peuvent obtenir du soutien en s'adressant au Programme d'aide aux employés.

Un conseiller peut également aider à distance les employés (« e-counselling »).

Tel Aide Outaouais offre aussi un service téléphonique d'écoute et de référence.Gatineau : 819 775-3223 Ottawa : 613 741-6433 Ailleurs en Outaouais : 1 800 567-9699

Ottawa-Gatineau en direct Afficher le fil complet

    Facebook