Des élus approuvent la création d'un registre des lobbyistes à Ottawa

Gilles Taillon rapporte les réactions suscitées par l'éventuelle création d'un registre de lobbyistes à Ottawa.

Des conseillers municipaux de la Ville d'Ottawa ont approuvé, vendredi, en réunion extraordinaire, la création d'un registre municipal de lobbyistes.

Si la mise sur pied du registre est entérinée par le conseil municipal mercredi prochain, Ottawa deviendra la deuxième ville en Ontario, après Toronto, à demander à ce que les rencontres entre les lobbyistes et les représentants municipaux soient consignées dans un registre.

La mesure pourrait entrer en vigueur le 1er septembre.

Le registre établirait une différence claire entre les lobbyistes et les groupes de pression, comme les associations communautaires et les organismes sans but lucratif. Ceux-ci ne seraient pas inscrits au registre.

Toute personne payée pour rencontrer des représentants municipaux dans le but d'influencer les décisions au profit d'une entreprise ou d'intérêts financiers serait donc tenue de s'inscrire auprès de la Ville.

De plus, le contenu des discussions dans le bureau d'un conseiller ou d'un cadre supérieur ainsi que les rencontres informelles devraient être inscrits au registre.

Les lobbyistes qui omettraient de rendre public le contenu de leurs échanges avec les élus et les fonctionnaires de haut rang seraient exclus du registre pendant 30 jours.

« Je pense que c'est une bonne idée, non seulement parce que c'est une promesse de ma campagne, mais aussi parce que c'est de la bonne politique publique.Des critiques » — Jim Watson, maire d'Ottawa

Avec la mise en place d'une telle mesure, le maire d'Ottawa, Jim Watson, souhaite une plus grande transparence. Il estime que toute personne qui brasse honnêtement des affaires ne devrait pas craindre que la nature de ses rencontres soit connue.

Des réserves

De son côté, le directeur général de la Greater Ottawa Home Builders Association, John Hebert, émet des réserves quant à la mise sur pied d'un tel registre. Il juge la mesure injuste envers les petits entrepreneurs. Il ajoute que certains entrepreneurs privés, qui sont présents parfois au sein d'associations, n'auront pas à s'inscrire au registre.

« Ça coûtera cher. [...] Ça pourrait prendre un ou deux ans, même plus, ce qui rendra le processus plus complexe. Ça n'aidera pas les projets immobiliers. » — Murray Chown, consultant, Engineering Consultants Ltd

Certains craignent également que le registre, qui touche seulement les communications formelles, les rencontres officielles, les appels téléphoniques et les courriels, ouvre la porte à davantage de rencontres non officielles entre les représentants de la Ville et les lobbyistes.

Par ailleurs, la création d'un poste de commissaire à l'intégrité a également fait l'objet de discussions vendredi. Ce commissaire aurait l'autorité d'intervenir si un lobbyiste ne s'enregistre pas avant de rencontrer des représentants municipaux.