Enseignement supérieur au Québec : un débat de société

Le juge met en délibéré la demande d'injonction visant le Cégep de l'Outaouais

Des étudiants du Cégep de l'Outaouais attendent au palais de justice la décision du juge. Des étudiants du Cégep de l'Outaouais attendent au palais de justice la décision du juge.  Photo :  Lorian Bélanger

Le juge Martin Bédard, de la Cour supérieure du Québec, a mis en délibéré la demande d'injonction visant à forcer le Cégep de l'Outaouais à reprendre ses cours.

Le magistrat estime qu'il s'agit d'un litige politique et social. Il ne croit donc pas qu'il devrait y répondre. Sa décision sera fondée sur le droit. Le juge Bédard trouve toutefois regrettable de devoir s'immiscer dans le débat.

Le magistrat a également déclaré aux étudiants présents en cours qu'il appréciait leur comportement, leur démarche s'étant faite avec beaucoup de dignité. Il aimerait que la même sérénité se poursuive par la suite auprès des étudiants, ici comme ailleurs au Québec.

Le juge Bédard a déclaré que toute manifestation qui tombait dans la violence était regrettable. Selon lui, les millions de dollars dépensés pour assurer la sécurité devraient plutôt être injectés dans l'éducation.

De son côté, l'avocat de l'AGE-UQO, Jonathan Leblanc, souligne que le cégep a déclaré être en mesure de préserver la session et de donner les cours correctement.

« Le cégep est en mesure de respecter ses obligations légales et réglementaires, selon ses dires. » — Me Jonathan Leblanc, avocat de l'AGE-UQO

L'avocat qui représente les étudiants qui ont déposé l'injonction, Me Lucien Boucher, souligne plutôt que la suspension des cours constitue un accommodement qui ne touche qu'un faible pourcentage des étudiants.

« Le cégep annule ses cours parce qu'un groupe d'étudiants n'en veulent pas. Ce n'est pas ça la règle de droit. » — Me Lucien Boucher, avocat des 44 requérants

En plus d'exiger la reprise des cours, les étudiants qui ont signé la requête en injonction demandent à l'association étudiante de cesser toute manifestation qui aurait pour effet d'empêcher l'accès aux cours.

Autre mise en demeure envers l'UQO

Des étudiants qui s'opposent à la hausse des droits de scolarité ont envoyé à leur tour une mise en demeure à l'UQO. Les grévistes craignent d'échouer leur année scolaire si les professeurs exigent des travaux et donnent des examens.

L'UQO de son côté compte répondre à la mise en demeure, mais elle ne fera pas de déclaration publique.