La perte de milliers d'emplois dans la fonction publique pourrait augmenter la détresse psychologique au sein de la population, et mener à un plus grand nombre de suicides. C'est du moins ce que craignent les directions de la santé publique, tant du côté d'Ottawa que de l'Outaouais.
Dans la région, il y a en moyenne une personne qui se suicide chaque semaine. Le Dr Isra Levy, chef de la santé publique d'Ottawa, prévoit un accroissement du nombre de dépressions au cours des prochains mois, en raison de la disparition appréhendée par les syndicats d'au moins 20 000 emplois au sein de la fonction publique fédérale.
À quelques semaines de la présentation du budget fédéral, la tension est palpable chez les fonctionnaires.
Selon Geneviève D'Amour, de la direction de santé publique de l'Outaouais, les autorités de la santé seront aux aguets, ayant tiré des leçons des nombreuses mises à pied survenues dans la région du Pontiac en raison de la crise dans l'industrie forestière.
Dans une lettre ouverte au premier ministre Stephen Harper, le syndicat représentant les fonctionnaires demande au gouvernement de tenir compte de l'incidence des compressions qu'ils proposent sur les travailleurs des services publics.
« Il existe un risque sérieux de dommages supplémentaires, si le gouvernement opte pour des compressions généralisées alors qu'il tente de réduire les dépenses. »
La lettre conclut en disant que « cette approche mine la stabilité émotionnelle et la résilience de l'employé, crée de l'incertitude continue au quotidien et un milieu de travail malsain sur le plan psychologique. »