L'édifice de la promenade du Portage, à Gatineau
S'il n'en tenait qu'à l'Institut Fraser, la taille de la fonction publique diminuerait considérablement. Dans un rapport publié jeudi, l'organisation indépendante de recherche et d'éducation canadienne dans le domaine des politiques publiques, recommande l'abolition de 45 000 postes.
L'Institut Fraser propose ainsi au ministre des Finances Jim Flaherty de remettre en vigueur les grandes lignes du budget d'austérité que l'ancien ministre libéral Paul Martin avait imposé en 1995.
« Les Conservateurs font fausse route présentement parce qu'ils misent à tort sur une forte reprise économique et donc une augmentation des revenus, des limites de dépenses et une faible augmentation des taux d'intérêt », dit l'Institut Fraser.
L'Institut croit que l'actuel gouvernement doit s'inspirer des gestes posés par Paul Martin, qui avait réussi à l'époque, selon les auteurs du rapport, à régler efficacement le problème de la dette et du déficit.
C'est sous son règne que la taille de la fonction publique avait diminué de 14% ; on avait aboli 45 000 postes. Le même nombre recommandé par l'Intitut Fraser aujourd'hui.
Le spectre d'une telle ponction effraie les fonctionnaires et rebute le syndicat qui les représente. Selon Nicolas Galetti, de l'Alliance de la fonction publique du Canada, « c'est totalement irresponsable qu'un organisme recommande ça dans le climat économique qu'on vit maintenant. On a vécu ça en 1995 et ça a eu un grand impact sur les fonctionnaires et les services qu'ils livrent aux Canadiens. »
Des coupes incontournables en 1995
Les coupes en 1995 étaient incontournables, disent les Libéraux aujourd'hui. Le député de Hull-Aylmer, Marcel Proulx, ne referait pas l'exercice aujourd'hui. Il propose au gouvernement conservateur de choisir d'autres cibles que les fonctionnaires pour réduire son déficit. L'achat des F-35, par exemple : « on n'a pas de chiffres précis, mais on sait que ça va être au-delà des 20 milliards. »