Marche silencieuse jusqu'à Ottawa

Les procureures de la Couronne de l'Outaouais ont marché jusqu'à la Cour suprême du Canada, vendredi matin. Les procureurs de la Couronne de l'Outaouais ont marché jusqu'à la Cour suprême du Canada, vendredi matin.

Une quinzaine de procureurs de la Couronne de la région, en grève depuis maintenant 11 jours, ont pris part à une marche silencieuse, vendredi matin, du palais de justice de Gatineau jusqu'à la Cour suprême, à Ottawa.

La marche symbolique avait pour but de sensibiliser leurs collègues fédéraux et ontariens, ainsi que la population, à leur situation.

Il y 21 procureurs de la Couronne en Outaouais. Selon eux, il en faudrait 10 de plus. La région frontalière pose toutefois certains défis, en raison de l'attrait exercé par le gouvernement fédéral à Ottawa et les salaires plus élevés en Ontario.

Stéphane Rolland, procureur de la Couronne pour le district de Pontiac Stéphane Rolland, procureur de la Couronne pour le district de Pontiac

Stéphane Rolland est procureur de la Couronne pour le district de Pontiac, au nord de Gatineau. À son avis, les revendications des procureurs sont claires : « Le système judiciaire est sur le bord de s'effondrer. On est vraiment en mode d'urgence. On essaie d'éteindre les feux pour ne pas que tout brise. Les délais sont les plus longs au Canada. Le taux d'acquittement est le plus élevé au Canada. On espère convaincre le gouvernement d'investir dans la justice pour pouvoir un service de qualité à la population. »

Deux acquittements en Outaouais

La grève accentue les retards dans le processus judiciaire. En Outaouais, il y a eu deux acquittements, dans des causes de moindre importance, en raison du débrayage. Selon les procureurs, les avocats assignés aux dossiers n'avaient pas eu le temps de bien se préparer et demandaient une remise de date. La décision d'acquitter les accusés était à la discrétion des juges.

Les procureurs ne sont pas contents et se disent déçus pour les victimes, qui doivent attendre encore plus longtemps pour avoir leur procès : « On est dans la rue justement pour que ce genre de chose n'arrive plus dans le futur. On veut régler le problème une fois pour toutes. »