Policier-éducateur au dossier entaché

L'agent Greetham a été congédié la semaine dernière. L'agent Jeffrey Greetham a été congédié la semaine dernière.

Comment un policier qui a des taches à son dossier en déontologie peut-il être affecté comme policier-éducateur? Le président de la commission scolaire des Portages-de-l'Outaouais, Jocelyn Blondin, s'explique mal que le policier Jeffrey Greetham, congédié la semaine dernière par la police de Gatineau, ait pu être chargé de parler d'intimidation à des enfants du primaire.

En janvier 2009, l'agent Jeffrey Greetham a visité une école du secteur d'Aylmer à titre de policier-éducateur. Selon le bulletin d'information de l'école, il a fait la tournée des classes de cinquième et de sixième années, pour parler d'intimidation, de méfaits et de taxage.

En prenant connaissance de son dossier en déontologie policière, le président de la commission scolaire sursaute :

« On s'attend à ce que les policiers-éducateurs qui sont affectés dans nos écoles, qu'ils soient, comme on dit, blancs comme neige, qu'ils incarnent le message qu'ils véhiculent. » — Jocelyn Blondin, président de la Commission scolaire des Portages-de-l'Outaouais

Le directeur du service de police de Gatineau, Mario Harel, refuse de commenter l'affectation de son policier : « Je ne ferai pas de commentaire là-dessus »

Plusieurs accrocs à la déontologie policière

Les premiers démêlés de Greetham en déontologie remontent à 1997. Il patrouille alors le secteur de Buckingham et pendant son quart de nuit, il visite le bar Élégance, où il admet avoir eu des relations sexuelles, après les heures d'ouverture. Il entrepose même son arme dans le coffre-fort de l'établissement à une autre occasion, après les heures de travail.

En qualifiant son comportement de « répugnant et complètement inacceptable », le comité de déontologie policière recommande son renvoi. En Cour du Québec, Greetham réussira à faire commuer cette sanction en suspension de 10 jours sans solde.

Au fil des ans, son dossier en déontologie continue d'épaissir, et en 2002, il doit répondre de deux accusations à caractère sexuel à l'endroit d'une adolescente de 15 ans.

Après un très court procès, les accusations sont rejetées. Le juge conclut : « Face à une preuve contraire, essentiellement la version de la plaignante qui contient des faiblesses plus que certaines, le tribunal est dans l'impossibilité d'écarter la version de l'accusé. »

Le policier a été congédié il y a une semaine pour des allégations de nature criminelle, mais il n'a toujours pas été accusé.

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