(archives)
Les films présentés en 3D connaissent énormément de succès ces jours-ci auprès des cinéphiles québécois, mais ce n'est pas parce que les grands distributeurs américains ont décidé d'inonder le marché que les salles au Québec peuvent répondre à l'offre.
Les salles de cinéma ne sont pas toutes équipées pour projeter des films en 3D. Dans certains cas, les propriétaires de salles qui n'ont pas les moyens de prendre le virage technologique sont pénalisés et peuvent être privés de versions traduites en français par les distributeurs américains.
En effet, les salles de cinéma d'ici ne sont pas toutes équipées pour pouvoir projeter ces films. Dans la province, à peine 77 écrans sur environ 800 sont adaptés à cette nouvelle technologie numérique.
« Ceux qui mènent le bal en fin de compte, ce sont les studios américains. Donc, c'est eux qui fournissent la plus grande partie des films aux salles de cinéma et ce sont eux qui arrivent avec de nouveaux standards », explique Didier Farré, propriétaire du Cinéma 9 de Gatineau et président de l'Association des propriétaires de cinéma du Québec.
Les distributeurs américains exercent des pressions sur les propriétaires pour qu'ils investissent rapidement. Sans quoi, ces derniers peuvent être pénalisés. Par exemple, ils peuvent être privés de versions traduites en français.
« Donc, ça veut dire qu'il y a des films qui ne joueront pas. Par exemple, à Gatineau, Dragon, qui joue uniquement en anglais, on ne l'a même pas en français, parce que Paramount a refusé de donner une copie en version française si on ne pouvait pas embarquer en 3D », dit M. Farré.
Des cinéphiles mécontents
Ce jeu de coulisses et de chantage déplaît à certains cinéphiles québécois, qui tiennent à leur langue maternelle au cinéma. « Je n'ai aucun problème avec le fait que le film est en anglais, au contraire, mais s'il faut tasser des films francophones, je pense qu'on a un problème », dit Marcel Labonté, un amateur de cinéma.
Le son de cloche est le même du côté de Nadia Blouin. « L'anglais, c'est ma langue seconde. Donc, il faut que je travaille pour comprendre tout ce qui se dit si je ne veux rien perdre », explique-t-elle.
L'Association des propriétaires de cinéma du Québec demande donc l'aide de Québec pour financer le virage technologique. Des discussions sont en cours à ce sujet. Rappelons que le fait d'équiper une seule salle coûte pas moins de 100 000 $.