![]() Immobilier - Gatineau Une bactérie mangeuse de ferMise à jour le mercredi 31 mars 2010 à 19 h 15
Des citoyens de Gatineau, qui résident dans le secteur du Cheval-Blanc, sont aux prises avec un sérieux problème immobilier : l'ocre ferreuse. Cette bactérie s'attaque aux drains et aux tuyaux situés autour de leurs maisons et il n'existe aucun remède miracle pour s'en débarrasser. Les propriétaires nagent dans un vrai bourbier et n'hésitent pas à blâmer la ville. L'ocre ferreuse est une boue rougeâtre surnommée bactérie mangeuse de fer par certains. Elle est issue d'une réaction chimique ou bactériologique d'oxydation qui se produit dans le sol. La proximité de la fondation par rapport à la nappe d'eau souterraine peut aussi être un facteur. « La boue va prendre du volume, va finir par bloquer l'évacuation de l'eau de sorte qu'en suite l'eau finit par s'infiltrer [dans la maison] », explique l'inspecteur en bâtiment Pierre Vachon. Martin Blais, résident du quartier, a connu son lot de problèmes liés à l'ocre ferreuse. À la suite d'une importante infiltration d'eau, il a dû faire faire des travaux à l'intérieur et à l'extérieur de sa maison. À l'extérieur, il a entre autres installé des tuyaux qui permettent de nettoyer le drain français susceptible d'être bloqué par l'ocre ferreuse. La Ville montrée du doigt D'autres résidents du secteur ont aussi effectué des travaux de plusieurs milliers de dollars pour faire face au problème. Pascal Bertrand, qui est un de ceux-là, ne comprend pas comment un permis de construction a pu être accordé pour son terrain. « La responsabilité d'une Ville, c'est d'être au courant de ces faits. [...] Il faut qu'il y ait quelqu'un qui se responsabilise là-dedans », soutient-il. L'Association des consommateurs pour la qualité dans la construction (ACQC), qui a reçu quatre plaintes de résidents du quartier du Cheval-Blanc, n'hésite pas à blâmer la Ville de Gatineau pour le problème. « Ce sur quoi on insiste, nous, c'est l'importance de prévenir. C'est là où les municipalités ont un rôle, c'est-à-dire de ne pas permettre de constructions dans des sols qui n'ont pas été prouvés capables de supporter la maison ou pour déterminer à quel niveau au-delà duquel la fondation de la maison ne doit pas descendre. Parce que si la fondation est dans la nappe phréatique, c'est là qu'il a un problème », explique Albanie Morin, coordonnatrice de l'ACQC. L'inspecteur Pierre Vachon croit aussi que la Ville a sa part de responsabilités. « Après tout, c'est la municipalité qui accorde le permis, donc forcément la municipalité devrait avoir cette information-là », soutient-il. Personne n'était disponible pour commenter le dossier à la Ville de Gatineau. Par écrit, la municipalité répond : « Il n'y a rien dans les règlements municipaux qui prohibent l'émission de permis de construction sur les terrains pouvant être touchés par ce phénomène naturel. » M. Bertrand a entrepris des démarches auprès de son entrepreneur et de l'Association provinciale des constructeurs d'habitations du Québec (APCHQ). Après cinq ans de démarche, il a finalement conclu une entente. Il a reçu quelques milliers de dollars pour installer les tuyaux qui permettent le nettoyage. Il devrait faire ce nettoyage chaque année au coût de 400 $. L'Association des consommateurs pour la qualité de la construction a créé un forum virtuel sur Internet pour les victimes de la bactérie mangeuse de fer. Elle poursuit aussi sa croisade pour inciter les Villes à être plus vigilantes dans l'octroi des permis de construction. Console Audio-vidéo
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