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Infirmières

L'Outaouais dépendant du privé

Mise à jour le mardi 9 février 2010 à 19 h 16

Infirmière

Une infirmière (archives)

L'Outaouais est plus dépendant que jamais des services d'infirmières d'agences privées. En 2006-2007, la facture était de 8 millions de dollars pour les services de ces employées dans la région. L'an dernier, les coûts ont atteint 11,7 millions de dollars. Le ministre de la Santé du Québec veut réduire le recours aux agences privées, mais son discours est farouchement critiqué.

Lorsqu'il était ministre de la Santé, Philippe Couillard avait obligé les établissements de santé à réduire l'utilisation des infirmières du privé, mais c'est le contraire qui s'est produit. En 2005, les infirmières du privé fournissaient environ 2 % des heures travaillées dans le réseau de la santé au Québec. Elles en produisent maintenant 4 %. Dans certaines régions, comme dans l'Outaouais et à Laval, elles dépassent 8 % des heures travaillées.

Régine Laurent, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), montre du doigt l'actuel ministre de la Santé, Yves Bolduc. « Tout ce qui est dit par rapport aux agences, ce sont des paroles. Cherchez une ligne, une orientation du ministère envoyée aux employeurs en leur disant voilà ce que vous devez faire: il n'y en a pas », déplore Mme Laurent.

« Actuellement, ne pas utiliser la main-d'oeuvre indépendante, pour certains établissements, ça voudrait dire une rupture de services et ça, c'est encore moins acceptable », soutient le ministre Bolduc. Il réitère néanmoins son engagement. « Notre objectif, c'est définitivement de réduire le plus possible, même si possible éliminer la main-d'oeuvre indépendante. Mais ça, il faut faire de la réorganisation du travail », ajoute-t-il.

Le ministre ne fixe toutefois pas d'échéancier. « Ça va devoir se faire sur plusieurs mois et je vous dirais même quelques années », affirme le ministre.

Pour Bernard Drainville, porte-parole péquiste à la santé, le ministre ne peut prétendre vouloir éliminer le recours aux infirmières privées, alors qu'on fait de plus en plus affaire à elles. « Le comble du ridicule, c'est qu'on prend des infirmières à qui on ne donne pas suffisamment d'heures à l'hôpital. On leur donne deux jours semaines. Elles vont offrir leurs services à une agence et l'agence les prête au même hôpital pour 10-15 $ de plus l'heure », plaide-t-il.

En 2008, le gouvernement Charest a versé aux agences privées environ 160 millions de dollars en soins infirmiers seulement. C'est l'équivalent du budget annuel de plusieurs hôpitaux du Québec. Pour le syndicat, cet argent devrait plutôt servir à renforcer le réseau public.

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