Le défenseur des francophones salué

Jean-Robert Gauthier en compagnie de la gouverneure générale Michaëlle Jean Jean-Robert Gauthier en compagnie de la gouverneure générale Michaëlle Jean (archives)

La communauté francophone est en deuil à la suite de la mort de l'ex-sénateur Jean Robert Gauthier, qui s'est éteint, jeudi soir, à Ottawa, à l'âge de 80 ans. L'homme politique franco-ontarien a touché beaucoup de gens au cours de ses 40 ans de vie publique, consacrés à la défense des droits des minorités francophones.

La mort de l'homme politique franco-ontarien sème l'émoi au sein de la communauté francophone, tandis que les témoignages de sympathie affluent.

Le commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, a tenu à rendre hommage à l'ex-sénateur. Il soutient que ce dernier laisse un héritage important.

« Son grand legs sera l'amendement de la Loi sur les langues officielles, qui exige que les agences du gouvernement, les ministères prennent des mesures positives pour l'épanouissement des communautés en situation minoritaire », soutient-il.

L'ex-ministre libéral Don Boudrias salue la ténacité de son ancien collègue, qui a occupé le poste de député fédéral libéral d'Ottawa-Vanier pendant près de 20 ans.

« Quand on prend des positions controversées, on doit être capable de vivre avec ça. Et Jean-Robert Gauthier n'avait pas froid aux yeux. Il pouvait nous faire fâcher parfois - il m'a fait fâcher comme whip et comme leader du gouvernement à quelques reprises moi aussi -, mais notre admiration pour lui ne cessait jamais », se rappelle M. Boudrias.

Un homme tenace et combatif

Comme en témoigne sa biographe Rolande Faucher, Jean-Robert Gauthier s'est toujours battu pour les droits des francophones au cours de sa vie politique.

« C'est son engagement qui a fait de lui le personnage combatif qu'il a été. C'est la cause qui est toujours mise de l'avant et non pas son avancement personnel à lui », raconte Mme Faucher.

Jean-Robert Gauthier a été nommé au sénat en 1994 par l'ex-premier ministre libéral Jean Chrétien. « C'était un grand monsieur. C'était le grand défenseur des droits des francophones hors Québec. C'était un excellent parlementaire, qui a été mon collègue pendant de nombreuses années. [...] Dans la défense des droits des francophones, il allait toujours un peu plus loin qu'on pouvait aller. Mais il était très, très utile parce que ça nous aidait énormément. C'était un homme articulé et ses convictions, il les montrait », se souvient M. Chrétien.

Pour Gisèle Lalonde, qui a participé à la lutte pour sauver l'hôpital Montfort aux côtés de Jean-Robert Gauthier, le sénateur était « un gars qui a toujours été très, très tenace, qui a toujours voulu aller jusqu'au bout de toutes causes ». Elle souligne qu'il menait ses combats « de la bonne manière », en tentant de persuader les gens.

Jacques Ferron, l'ancien président de la Fédération des communautés francophones et canadiennes, retient l'appui du sénateur Gauthier: « Il ne travaillait pas seul dans son bureau ou au Parlement. Il invitait la communauté à faire partie... ». M. Ferron cite l'apport de M. Gauthier dans les revendications pour les francophones vivant en situation minoritaire et dans la lutte pour que la station de télévision publique ontarienne TFO obtienne son indépendance.

La sénatrice Marie Poulin croit que la vie de Jean-Robert Gauthier se prêterait tout à fait à un scénario de film, non seulement en raison de sa carrière politique, mais aussi à cause des défis personnels qu'il a dû affronter au cours de sa jeunesse et à la fin de sa vie.