L'Université Carleton fait volte-face

Hassan Diab a donné son premier cours, mardi, depuis son arrestation de novembre dernier. Hassan Diab

L'Université Carleton change son fusil d'épaule. L'établissement a finalement fait savoir, en fin de journée mardi, qu'il retirait la charge de cours confiée à Hassan Diab, un de ses anciens enseignants accusé par la police française d'être l'auteur de l'attentat à la bombe de la rue Copernic à Paris, en 1980.

L'établissement retire à son ancien enseignant, accusé par la France d'être l'auteur de l'attentat à la bombe de la rue Copernic à Paris, en 1980, la charge de cours qu'elle lui avait confiée pour l'été.

Hassan Diab, 55 ans, avait recommencé mardi à enseigner la sociologie à temps partiel à l'Université Carleton, une des deux universités où il donnait des cours avant son arrestation à l'automne dernier. La direction de l'Université Carleton avait confirmé par courriel plus tôt dans la journée l'embauche de M. Diab comme remplaçant pour donner un cours d'introduction à la sociologie pendant l'été.

Mais plus tard, en fin de journée, l'établissement a émis un communiqué dans lequel il explique avoir remplacé M. Diab par un professeur « à temps plein » afin d'« offrir à ses étudiants un environnement académique stable et productif qui soit favorable aux études ». Le communiqué souligne que l'établissement n'émettra pas davantage de commentaires sur cette affaire.

Le recrutement de M. Diab avait été dénoncé plus tôt par B'nai Brith Canada. La principale organisation juive du pays avait jugé « déplorable que des dirigeants universitaires croient qu'il n'y a rien de grave à employer M. Diab ».

Le B'nai Brith se défend d'avoir fait pression sur la direction de l'Université Carleton pour qu'elle revienne sur sa décision d'embaucher Diab pour l'été. Frank Dimant, vice-président de l'organisme, soutient qu'il y a une grande différence entre exercer des pressions et publier son opinion dans un communiqué de presse.

Comme le B'nai Brith, le Congrès juif canadien affirme aussi que Hassan Diab n'a pas sa place dans une salle de classe. Les deux organismes auraient jugé malsain pour les étudiants qu'un homme faisant face à des accusations graves puisse enseigner.

Remis en liberté

Hassan Diab a été arrêté le 13 novembre 2008 à Gatineau, à la demande de la justice française. Selon le dossier à charge français, M. Diab a fait partie du Front populaire de libération de la Palestine - Opérations Spéciales (FPLP - OS), un groupe radical qui serait responsable entre autres de l'attentat de la rue Copernic.

À la fin mars, après plus de quatre mois de détention, M. Diab a été remis en liberté sous de strictes conditions, en attendant son audition d'extradition prévue en janvier 2010. Il doit notamment porter un bracelet électronique et respecter un strict couvre-feu. Ses conditions de remise en liberté lui permettent toutefois de travailler, précise son avocat, Rod Sellar.

Le Libanais d'origine, qui a obtenu sa citoyenneté canadienne en 1993, affirme être victime d'une homonymie. Il risque la prison à perpétuité s'il est jugé en France.

Attentat de la rue Copernic

Les autorités françaises accusent Hassan Diab d'avoir tué quatre personnes et d'en avoir blessé une vingtaine d'autres lors d'un attentat terroriste commis à l'endroit d'une synagogue sur la rue Copernic à Paris, en 1980.

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