S'armer de patience

Des grévistes manifestent Des grévistes manifestent

La première journée de grève d'OC Transpo a paralysé la Ville d'Ottawa, mercredi, et ce, au lendemain d'importantes précipitations de neige. Les autobus et le O-Train sont immobilisés en raison d'une grève d'une durée illimitée.

Les autobus et le O-Train sont immobilisés pour une période indéterminée à Ottawa, après le déclenchement d'une grève mercredi.

En fin d'après-midi mercredi, les négociations entre la Ville et le syndicat des 2300 chauffeurs, employés d'entretien et répartiteurs d'OC Transpo étaient au point mort.

Le conflit complique grandement la vie de dizaines de milliers de personnes qui utilisent habituellement les transports en commun. Elles doivent se trouver des solutions de rechange pour se rendre au travail ou à l'école.

La grève inquiète le premier ministre de l'Ontario, Dalton McGuinty, qui souhaite une résolution rapide du conflit. Il rappelle que les gens ont besoin du transport en commun pour aller chez le médecin, pour se rendre au travail et pour magasiner, surtout en cette période où l'économie est particulièrement fragile.

Les grévistes d'OC Transpo, membres du Syndicat uni des transports, section locale 279, ont manifesté mercredi matin devant plusieurs édifices municipaux. Près de l'hôtel de ville, certains grévistes ont retardé l'accès au stationnement, ce qui a perturbé la circulation.

Un plan B

Pour la durée de la grève, la Ville incite les citoyens à organiser du covoiturage dans leur lieu de travail ou à l'école. Elle souligne que les parc-o-bus d'OC Transpo peuvent servir de point de rassemblement pour le covoiturage.

La Ville annonce aussi la levée de restrictions sur le stationnement dans le centre-ville d'Ottawa, où il n'y a pas de parcomètre. Il est possible d'y garer son véhicule toute la journée. Toutefois, les restrictions habituelles restent en vigueur dans les stationnements avec parcomètre.

De plus, plusieurs voies urbaines normalement réservées aux autobus sont ouvertes à la circulation automobile en tout temps pendant la durée du débrayage.

De son côté, la Société de transport de l'Outaouais (STO) offre un stationnement temporaire au Centre Robert-Guertin. Un autre est accessible à l'angle de la rue Montcalm et de l'autoroute 50. Le tarif pour la journée est de 7 $. Ces mesures seront levées à la fin de la grève.

Au total, depuis la fondation de la Ville, huit grèves ont frappé le transport en commun à Ottawa, incluant celle qui est en cours. La dernière a eu lieu en 1996 et elle avait duré 24 jours.

Une offre rejetée

Lundi, le Syndicat uni du transport a rejeté l'offre finale de la Ville d'Ottawa. Mardi, un médiateur a tenté sans succès de ramener les parties à la table de négociation. L'offre de la Ville comptait notamment une hausse salariale de 7 % sur trois ans.

Selon André Cornellier, président du syndicat, les négociations achoppent sur la question de la gestion des horaires. La Ville voudrait retirer leur droit de choisir leur quart de travail aux employés qui cumulent plusieurs années de service. La Ville soutient qu'elle tente ainsi de mettre fin à des pratiques qui l'obligent à payer inutilement des heures supplémentaires.

La semaine dernière, les 2300 employés s'étaient prononcés à 98 % pour une grève.