À la défense des droits des francophones

Jean-Robert Gauthier Jean-Robert Gauthier

L'ancien député fédéral et sénateur Jean-Robert Gauthier déplore qu'Ottawa, la capitale du pays, ne soit toujours pas officiellement bilingue. À 79 ans, M. Gauthier demeure un défenseur infatigable des droits des francophones hors Québec. Dans une biographie autorisée, qui sera lancée jeudi, l'auteure Rolande Faucher révèle l'enfance difficile qui a façonné le caractère de M. Gauthier.

L'ancien député fédéral et sénateur, dont la biographie sera lancée jeudi, déplore que la capitale du pays ne soit toujours pas officiellement bilingue.

Malgré l'âge et la maladie, Jean-Robert Gauthier demeure combatif. « Je déplore le fait qu'on a deux langues officielles dans le pays, puis que la capitale n'est pas bilingue », soutient-il.

Cette détermination lui vient d'une enfance difficile, que l'auteure Rolande Faucher révèle dans sa biographie de l'ancien politicien. « Ç'a été l'abandon du père alors qu'il avait 2 ans et ensuite l'abandon de la mère alors qu'il avait 4 ans, c'est assez tragique », souligne-t-elle.

À l'âge de 5 ans, M. Gauthier est placé en orphelinat avec sa petite soeur. Si il reconnaît avoir souffert d'un manque d'affection, il refuse de s'apitoyer sur son sort. « J'ai commencé dans un orphelinat, où j'ai appris à me défendre, où j'ai appris qu'il faut que tu te tiennes debout », raconte-t-il.

Rolande Faucher Rolande Faucher

Durant plus de 40 ans de vie publique comme commissaire scolaire, député fédéral et sénateur, il a été de tous les combats linguistiques.

En 1981, il persuade Jean Chrétien, qui était à l'époque ministre de la Justice, d'inclure le mot « établissement » dans l'article 23, qui garantit l'éducation en français pour la minorité dans la nouvelle charte des droits. Il y voyait une façon discrète d'obtenir la gestion scolaire. « La définition est claire. Établissement: corps public chargé d'administrer un service public. Un conseil scolaire, c'est ça », soutient M. Gauthier.

Rolande Faucher rappelle que la Cour suprême lui a donné raison. « À travers le pays, dans toutes les provinces maintenant, les francophones en situation minoritaire ont accès à des conseils scolaires de langue française », affirme l'auteure.

Combatif jusqu'au bout, Jean-Robert Gauthier obtient, en fin de carrière, un amendement à la Loi sur les langues officielles, qui permet maintenant aux francophones de poursuivre le fédéral en justice, s'il brime leurs droits.