Soupe populaire
Les groupes communautaires ont lancé un cri du coeur devant la Commission parlementaire sur l'itinérance qui était, mercredi, de passage à Gatineau. La pauvreté s'accroît en Outaouais, et les organismes d'aide, ainsi que le maire de Gatineau, Marc Bureau, réclament des budgets accrus de la part du gouvernement du Québec. Le refuge Le Gîte Ami se dit même menacé de fermeture.
Les groupes sociaux réclament 2 millions de dollars de Québec pour répondre aux besoins des plus démunis, et le maire Marc Bureau somme le gouvernement d'agir rapidement.
Le Collectif régional de lutte à l'itinérance a dressé un portrait de la pauvreté en Outaouais devant la commission. De 20 % à 25 % de la population est pauvre dans la région. Les chèques d'aide sociale sont nettement sous le seuil de pauvreté. Le coût du loyer est trop cher pour 36 % des ménages. La croissance immobilière n'aide pas ceux qui sont dans le besoin. « Oui il y a un boum immobilier, mais un boum immobilier pour ceux qui ont les moyens de pouvoir acquérir une demeure. Pour les autres, ça devient difficile », soutient Jenny Villeneuve, du collectif.
Les groupes sociaux réclament, au bas mot, 2 millions de dollars pour répondre aux besoins des plus démunis de la société.
La commission parlementaire a aussi entendu des élus. La Ville de Gatineau dépanne financièrement de plus en plus les organismes d'aide. Elle a versé 300 000 $ à une banque alimentaire. Elle devra le faire aussi pour Le Gîte Ami qui, devant la Commission parlementaire, a annoncé qu'il fermerait ses portes si, d'ici Noël, il n'obtenait pas un financement de dépannage de 50 000 $. Selon le maire Marc Bureau, la fermeture d'un organisme comme Le Gîte Ami serait trop lourde de conséquences. « On accompagne le gîte. On fait des pressions sur les gouvernements. C'est ça le rôle de la Ville actuellement », insiste le maire.
Le maire Marc Bureau (archives)
Et c'est le rôle de Québec, ajoute Marc Bureau, de donner sa juste part à l'Outaouais. Lorsque la députée libérale de Gatineau, Stéphanie Vallée, a suggéré que les groupes sociaux réorganisent leurs services, des porte-parole ont sursauté. « Je pense que les organismes communautaires sont nettement sous-financés. La plupart sont en état de crise. Certains organismes sont en position de fermeture », explique François Roy, de l'organisme Logemen'occupe.
En plus d'un financement accru, les organismes sociaux réclament de Québec un statut particulier, comme pour la santé, afin mieux lutter contre la pauvreté.