
 | | Photo: AFP/Kim Jae-Hwan | Malgré la chute boursière, de hauts dirigeants de compagnies publiques empocheront cette année des millions de dollars en rémunération de toutes sortes, comme prévu dans leur contrat. À compter de janvier prochain, ces primes devront être clairement indiquées dans les rapports annuels des entreprises canadiennes. Ces changements, exigés par les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM), visent à redonner confiance aux investisseurs.
En janvier dernier, la Banque CIBC annonce qu'elle a perdu des milliards de dollars aux États-Unis et qu'elle licencie son directeur, Brian Shaw. L'homme empoche néanmoins 50 millions de dollars, au grand dam de nombreux actionnaires. Pourtant, cette somme était prévue à son contrat.
Dès l'an prochain, plus de surprises. Les compagnies devront publier en détail le salaire des patrons, leurs avantages sociaux, leur versement en actions ou en options d'achat, ainsi que la valeur de leurs indemnités de départ.
Rien pour calmer les ardeurs, selon certains
Le porte-parole de l'Autorité des marchés financiers du Québec, Sylvain Théberge, affirme que ces mesures devraient rétablir la confiance des investisseurs dans le marché. « Admettons-le, [les marchés] ont été ébranlés, ces dernières années, par des scandales, par des astuces comptables », précise-t-il.
Selon Michel Magnan, titulaire de la Chaire de comptabilité Lawrence Bloomberg à l'Université Concordia, cette transparence dans les salaires ne calmera pas les ardeurs des hauts dirigeants.
« Ce qu'on peut voir comme études qui ont été faites à travers le monde, c'est qu'une plus grande transparence amène aussi une accélération dans la rémunération, parce que c'est plus facile pour les dirigeants de se comparer entre eux. Donc, il y a un phénomène d'imitation qui se met en branle », estime-t-il.
L'an dernier, la valeur en actions détenues par les patrons des 100 plus grandes compagnies canadiennes valait 26 milliards de dollars en bourse.
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