Claude Castonguay avec son rapport
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PC/Jacques Boissinot
Le comité que préside l'ancien ministre libéral Claude Castonguay vient de déposer son rapport de plus de 300 pages au titre évocateur : « En avoir pour son argent ».
Le rapport de l'ancien ministre libéral Claude Castonguay propose de mettre fin à la gratuité de la santé pour assurer la survie financière d'un réseau public qui coûte de plus en plus cher aux Québécois.
Le document de M. Castonguay risque fort de faire des vagues dans le milieu de la santé québécoise, puisqu'il prône ni plus ni moins que la fin de la « gratuité de la santé ».
En effet, le groupe de travail estime que la survie de l'actuel système passe nécessairement par son adaptation « aux réalités et au contexte du 21e siècle ». Et pour se faire, il faut trouver une façon de juguler l'hémorragie financière d'un système qui ne cesse de peser sur les finances publiques québécoises.
Selon les auteurs de ce énième rapport sur la santé au Québec, la facture annuelle de la santé au Québec grimpera à plus de 42 milliards de dollars en 2017. Cette facture augmente depuis 10 ans de 6 % en moyenne par année, alors que la croissance économique de la province s'établit à environ 4 %.
Ainsi, comme l'indiquait La Presse, qui a obtenu copie du rapport avant sa publication officielle, le comité Castonguay propose au gouvernement Charest d'oeuvrer à faire modifier l'actuelle Loi canadienne de la santé pour rendre possible le décloisonnement de la pratique médicale. Ce décloisonnement, en fait, permettrait aux médecins de pratiquer à la fois dans le privé, tout en conservant une partie de leur pratique dans le réseau public.
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AFP/François Guillot
Le rapport estime aussi que Québec doit mettre en place un « Fonds de stabilisation » pour faire face à la hausse des dépenses de santé. Ce fonds serait alimenté essentiellement grâce à l'instauration d'une franchise annuelle, calculée en fonction du revenu des familles québécoises et de leur utilisation du système. Le comité propose de compléter le financement du fonds grâce à une hausse de 0,5 % à 1 % de la taxe de vente provinciale.
Le comité suggère, dans la foulée de l'Affaire Chaouli, d'accroître le nombre d'interventions couvertes par le régime public et pour lesquelles les Québécois peuvent déjà s'assurer au privé. Actuellement, Québec ne permet de telles assurances que pour certaines interventions orthopédiques aux genoux et aux hanches, ainsi que les opérations pour les cataractes.
L'une des dernières suggestions du comité risque, elle aussi, de susciter bien des débats à l'Assemblée nationale. En effet, le comité suggère que les patients inscrits à une clinique de médecine familiale aient à débourser, contre une prise en charge de l'ensemble de leurs besoins de santé, une cotisation annuelle pouvant aller jusqu'à 100 $.