La manne des résidus forestiers
Après une centaine d'années d'exploitation soutenue, les forêts du Nord de l'Ontario contiennent des résidus de toutes sortes et du bois non utilisé.
La transformation de ces résidus pourrait devenir la planche de salut économique dont la région a besoin.
Autrefois considérée comme inutile, cette biomasse forestière attire maintenant des investisseurs et fait l'objet de convoitise. À elle seule, la forêt Gordon Cosens, située dans les environs de Kapuskasing, occupe quatre fois la superficie de l'Île-du-Prince-Édouard: le volume de résidus forestiers qu’elle contient est donc immense.
Cette biomasse peut être transformée en énergie, en produits chimiques et pharmaceutiques et en carburant.
C’est pourquoi les élus et promoteurs des petites collectivités touchées par les problèmes de l'industrie forestière multiplient les études de faisabilité et les demandes de subventions.
L’éthanol
La demande est forte: le gouvernement de l'Ontario a décrété que l'essence vendue dans la province devra contenir 10 % d'éthanol en 2010.
Une entreprise américaine, MEMS USA, a flairé la bonne affaire. Elle veut construire une usine d'éthanol à Hearst. En s'associant à une entreprise locale, MEMS a mis la main sur une bonne quantité de biomasse. Hearst Ethanol One créerait plus de 200 emplois.
Le maire de Hearst, Roger Sigouin, dit cependant avoir besoin d'un cadre juridique avant de poursuivre le projet. L’un des problèmes qui se pose est de savoir à qui appartiennent ces résidus: aux forestières, à la Couronne ou aux communautés?
Les autorités ne se sont pas encore penchées sur la question. Elles devront le faire, car ces déchets vaudront très bientôt leur pesant d'or.