Se sortir du bois
La forêt boréale

Les élus et les gens d'affaires prônent la diversification pour réduire la dépendance à la forêt de l'économie du Nord de l’Ontario.

Cette diversification s'annonce toutefois ardue, car la réalité forestière est ancrée dans l'imaginaire même des communautés.

Opasatika, un village de 300 habitants, a été très touché par la fermeture de la scierie Excel Forest Products, propriété de Tembec, en juin 2005. Le principal projet mis de l'avant pour relancer l'économie se dessine autour d’une matière première bien connue… le bois.

Opasatika est à l'image de plusieurs municipalités du Nord qui dépendent des grandes entreprises forestières. Denis Dorval, le greffier et trésorier de la petite municipalité, avoue qu'il est difficile de développer de nouveaux secteurs, voire même d'envisager une telle avenue: « On a tellement vécu longtemps uniquement avec l'industrie forestière que c'est peut-être pour ça qu'on a de la misère à se diversifier. »

Village d’Opasatika

Le maire d'Iroquois Falls, Ken Graham, déplore le manque d'esprit d’entreprise dans le Nord-Est. Il attribue cette situation à la dépendance économique et communautaire de la région aux entreprises forestières. Dans cette région, des générations d'employés forestiers n'ont jamais eu à repenser leur avenir.

Jean-Charles Cachon, professeur à l'école de commerce de l'Université Laurentienne de Sudbury, souligne que la culture d'employé est très présente dans le Nord de l'Ontario.

Les fermetures d'usines forestières depuis quelques années ont créé une véritable onde de choc dans le Nord de l'Ontario. Si certains ont quitté la région, d'autres restent, avec la ferme intention d'apprendre à penser autrement.