Des gens qui ont vécu les événements marquants de 2009 témoignent et discutent de leur vision pour l'année à venir.
Reportages réalisés par Karen Pouliot.
Les mines sont les poumons de plusieurs communautés du Nord de l'Ontario où plus de 13 000 travailleurs dépendent de cette industrie. On estime que ce secteur entraîne des retombées annuelles de 1,4 milliard de dollars. L'année 2009 n'a toutefois pas été à la hauteur des attentes pour différentes raisons : ralentissement de production, fermeture annoncée de X-Stata et grève depuis six mois à la multinationale brésilienne Vale Inco. Portrait d'une année grise.
L'Ontario porte le poids de la récession en 2009. Du jamais vu en 15 ans, le taux de chômage de la province a atteint un sommet en mai en se fixant à 9,5 %. Au même moment, Windsor devient tristement célèbre avec l'un des plus hauts taux de chômage au pays. Heureusement, dans la province, la fin de l'année montre des signes de reprise.
Plusieurs soubresauts ont secoué la vie municipale cette année. Windsor connaît sa première grève depuis 30 ans chez les employés municipaux et Toronto voit la grogne de ses citoyens s'amplifier durant sa grève municipale. Plusieurs montreront du doigt le maire David Miller pour cette grève de six semaines, qui se soldera quelques semaines plus tard par l'annonce-surprise de son départ. L'obtention des Jeux panaméricains en 2015 et l'annonce du déplacement du G-20 de Huntsville à Toronto viendront mettre un baume sur une année tourmentée.
Le 25 mai dernier, depuis la fermeture du réacteur à Chalk River, le pays et le reste du monde font face à une importante pénurie d'isotopes médicaux. La centrale produit 40 % de l'ensemble des isotopes de la planète. Elle sera remise en service au cours du premier trimestre de 2010. Conséquence : les départements de médecine nucléaire doivent faire preuve d'imagination depuis sept mois pour traiter les patients. Une crise vécue par Jean-Luc Urbain, président de l'Association canadienne de médecine nucléaire, et médecin au Département de médecine nucléaire au Centre des sciences de la santé de London.
La restructuration de l'industrie automobile aux États-Unis a eu de lourdes répercussions en Ontario. L'année 2009 aura été, selon plusieurs analystes, la plus difficile de toute l'histoire du syndicat des travailleurs de l'automobile. Contrairement aux États-Unis, aucune des filiales canadiennes des trois grands de l'auto n'a eu besoin de se placer sous la protection des tribunaux. Toutefois, les gouvernements du Canada et de l'Ontario ont investi 9,5 milliards de dollars pour éviter la faillite des constructeurs automobiles ontariens. De janvier à juillet 2009, 27 000 travailleurs ont perdu leur emploi en moyenne par mois. Les mauvais jours sont-ils derrière eux? Pas encore, selon Christian Navarre, professeur à l'école de gestion de l'Université d'Ottawa et spécialiste de l'industrie automobile.
C'est en Ontario que la grippe A (H1N1) a fait le plus de morts au Canada depuis le printemps. Une première contagion importante depuis le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) en 2003. Qu'a-t-on appris sur la gestion des pandémies depuis le SRAS il y a six ans? Autopsie d'une pandémie avec André Picard , journaliste spécialisé en santé au Globe and Mail.
L'ampleur de la crise qui frappe le secteur forestier dans le Nord de l'Ontario ne s'essouffle pas. Depuis 2003, il y a eu 9000 pertes d'emploi directes, 35 fermetures permanentes d'usines de production, et ce, sans compter les 27 usines qui ont cessé de produire pour une période indéfinie. Ces données de l'Association de l'industrie forestière de l'Ontario sont catastrophiques pour des municipalités comme Greenstone située dans le nord de la province. L'usine Longlac Wood Industry a fermé définitivement ses portes il y a un an : 900 travailleurs se sont retrouvés sans emploi. Le taux de chômage y est maintenant de 60 %!
Dépenses douteuses à Cybersanté, dépenses injustifiées à la Société des loteries et des jeux de l'Ontario, octrois de contrats sans appel d'offre : ces controverses auront marqué l'administration publique ontarienne en 2009. Conséquence : les agences gouvernementales n'ont plus le droit d'approuver leurs propres dépenses. C'est maintenant la Commissaire à l'intégrité de l'Ontario qui a l'autorité de le faire. Une année remplie de secousses pour le gouvernement de Dalton McGuinty, selon Patrice Dutil, professeur en administration publique à l'Université Ryerson.

