
Le Québec est officiellement entré, le 18 septembre, en campagne électorale municipale. Les électeurs des 1109 municipalités québécoises seront appelés aux urnes le 1er novembre prochain pour choisir ceux et celles qui dirigeront leurs municipalités durant les quatre prochaines années.
Plusieurs luttes, notamment dans les plus grandes villes, sont à surveiller. À Montréal, le maire Gérald Tremblay, qui sollicite un troisième mandat (une première depuis Jean Drapeau), fait notamment face à Louise Harel, politicienne aguerrie qui a été députée durant 27 ans à l'Assemblée nationale et ex-ministre des Affaires municipales.
À Longueuil, Jacques Goyette et Caroline St-Hilaire sont les principaux candidats à la mairie, tandis qu'à Gatineau, le maire sortant Marc Bureau affrontera notamment Tony Cannavino, un ancien policier.
À Québec, le maire Régis Labeaume est porté par une vague de popularité. Il affronte tout de même six autres candidats dans la course, dont le controversé animateur de radio Jean-François Fillion et l'ancien député du Bloc québécois Jean-Paul Marchand.
Si la campagne électorale permet aux candidats de débattre des enjeux propres à chaque ville, au final, l'un des grands défis pour les candidats demeure celui de capter l'intérêt des électeurs et de les inciter à aller voter. Lors de la dernière élection générale en 2005, moins d'un électeur sur deux avait marqué son bulletin de vote, le jour du scrutin.
Les citoyens semblent en tout cas avoir répondu à l'appel lors du vote par anticipation cette année. Le taux de participation frôlerait les 5 % dans la province, alors qu'il était de moins de 3 % en 2005.
À Rouyn-Noranda, le maire sortant, Mario Provencher, qui a été élu par les conseillers municipaux en mars en remplacement de Roger Caouette (ce dernier a remis sa démission en raison de problèmes de santé), fait face à deux opposants. Mario Provencher doit notamment affronter Jean-Claude Beauchemin, ancien maire de Rouyn-Noranda du mois d'octobre 2002 au mois de novembre 2005. L'homme d'affaires Philippe Bradley brigue également la mairie de Rouyn-Noranda.
Après avoir annoncé qu'il quittait la vie politique, le maire sortant Fernand Trahan a fait volte-face et a décidé de se lancer à nouveau dans la course pour solliciter un troisième mandat. Élu avec une forte majorité en 2005, Fernand Trahan doit notamment affronter l'homme d'affaires Gilles Gagnon. Ce dernier dit souhaiter mettre fin au régime Trahan.
Il y aura nécessairement un changement de garde à la mairie de Sherbrooke, puisque le maire sortant, Jean Perrault, ne se représente pas dans la course. Quatre candidats briguent la mairie. Le Renouveau sherbrookois, mené par Bernard Sévigny, préconise une nouvelle culture à l'Hôtel de Ville et rejette le style de gestion du maire sortant. De son côté, l'homme d'affaires François Godbout, qui en est à sa première expérience en politique, mise notamment sur son côté rassembleur pour succéder à Jean Perrault. Selon lui, la gestion des finances publiques constitue l'un des principaux défis qui attendent les prochains élus sherbrookois.
Hélène Gravel, ex-animatrice de radio et femme d'affaires, et qui avait mené une chaude lutte à Jean Perrault en 2005, est aussi candidate à la mairie de Sherbrooke.
Autre candidat dans cette course, Moustapha Saboun, qui s’était présenté contre Robert Pouliot dans l’arrondissement d’Ascot aux dernières élections municipales. Il a aussi fait campagne en 2007 pour obtenir un poste de commissaire scolaire.
Le maire sortant Jean Perrault avait obtenu en 2005 un quatrième mandat consécutif.
Le maire sortant, Yves Lévesque, élu en 2005 avec une importante majorité, fait face à André Carle du parti Force 3R. André Carle reproche au maire actuel de se donner en spectacle et de ne pas être à l'écoute de la population.
Le maire sortant Ghislain Lévesque tire sa révérence après 12 ans à la tête de la Ville. En mars dernier, Ghislain Lévesque a annoncé qu'il ne serait pas candidat aux élections municipales de novembre et qu'il souhaitait faire place à la relève.
Trois candidats se font la lutte pour lui succéder : le conseiller Serge Lévesque, ancien gestionnaire à l'aluminerie Alouette, Jacques Gélineau, un militant pour la protection de l'environnement et Marc Fafard, bien connu pour son opposition à l'exploitation d'uranium dans la région.
L’élection à la mairie suscite l’intérêt à Matane où six candidats sont officiellement dans la course. L'ex-maire de Sainte-Paule-de-Matane Jean Nazair, le conseiller Guy Gauthier, l'ex-homme d'affaires Claude Canuel, l'ex-animateur à Radio-Canada Matane Bernard Tremblay, l'écrivaine et enseignante Anick Fortin et Rodrigue Drapeau, un retraité du milieu de l’agriculture, briguent la mairie de cette municipalité de quelque 15 000 citoyens.
La mairesse sortante, Linda Cormier, qui s’est vu accorder un second mandat à la mairie en 2005, ne sollicite pas de nouveau mandat.
Il y aura élection à la mairie de Rimouski. Éric Forest, qui demande un second mandat à la mairie, n'a qu'un seul opposant. Un résident du quartier Pointe-au-Père, un commerçant, Gilles Morneau, s'est lancé dans la course en accusant le maire sortant d'abus de pouvoir, de corruption et en exigeant sa destitution.
Éric Forest demande pour sa part un second mandat à la mairie. Il propose aux Rimouskois sa vision du développement de la municipalité à plus long terme. Le développement économique et le transport en commun notamment, sont au coeur des priorités.
Le maire sortant, Marc Bureau, qui a été élu à la mairie de Gatineau en 2005 pour un premier mandat, doit affronter cinq autres candidats dans la course à la mairie de la ville. La partie n'est pas gagnée pour le maire sortant, qui a fait l'objet de nombreuses critiques depuis le début de son mandat. Marc Bureau, qui s'est notamment fait reprocher son manque de vision et le fait qu'il n'a pas été en mesure de créer l'harmonie au sein du conseil municipal, n'a pas réussi à s'allier les gens d'affaires.
Marc Bureau doit entre autres affronter Aurèle Desjardins, déjà connu en tant que conseiller municipal, et Tony Cannavino, un ancien policier.
Marc Bureau est maire de la Ville de Gatineau depuis novembre 2005. Avant d’accéder à la mairie, il a occupé le poste de conseiller municipal du secteur Wright-Ville-Parc-de-la-Montagne de 1999 à 2005. Il détient un certificat en administration de l’Université de Montréal et un baccalauréat en récréologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières.
Ses priorités pour son premier mandat à la mairie :
Le maire sortant Gérald Tremblay est en quête d'un troisième mandat à la Ville de Montréal. Élu pour la première fois en 2001 à la tête du parti qu'il fonde, Union Montréal, Gérald Tremblay affronte notamment l'ancienne ministre des Affaires municipales Louise Harel.
Si, durant la présente campagne, Gérard Tremblay souhaitait évoquer en sa faveur certaines réalisations, dont le Quartier des spectacles, les vélos Bixi ou la construction de logements sociaux, ce sont surtout les allégations de conflits d'intérêts à l'Hôtel de Ville qui continuent de retenir l'attention.
La situation en matière d'éthique préoccupe depuis quelque temps la scène municipale montréalaise.
Des enquêtes de la Sûreté du Québec sont en cours ainsi qu'une enquête du Directeur général des élections. Et le vérificateur général de la Ville, qui a remis un rapport d'enquête dans la saga des compteurs d'eau, dresse certains constats inquiétants pour l'administration Tremblay.
Gérald Tremblay avait remporté les élections de 2005 avec une écrasante majorité. La lutte s'annonce cette fois plus féroce dans cette course, entre autres avec sa principale rivale. Louise Harel accuse notamment le maire d'avoir trop décentralisé la ville de Montréal.
Le maire sortant Gilles Vaillancourt siège au conseil municipal depuis 1973 et est maire depuis 1989. Réélu en 2005 pour un cinquième mandat de suite, Gilles Vaillancourt mène cette fois la lutte contre deux partis officiels, le Parti au service du citoyen (PSC) et le Mouvement lavallois (ML).
Gilles Vaillancourt a dirigé Laval sans opposition à l'Hôtel de Ville durant ses deux derniers mandats.
Lors des dernières élections, sa plus proche rivale, une cégépienne de 18 ans, Audrey Boisvert, avait récolté près de 18 % des suffrages, contre 72 % pour le maire, jusqu’à présent indélogeable.
Longueuil aura assurément un nouveau maire, car le maire sortant, Claude Gladu, quitte la politique. Son dauphin, Jacques Goyette, actuel vice-président du comité exécutif de la Ville de Longueuil, se présente à titre de candidat à la mairie au sein du Parti municipal de Longueuil. Il affronte l’ancienne députée fédérale Caroline Saint-Hilaire, du parti Action Longueuil.
Le maire sortant Régis Labeaume, qui sollicite un second mandat, a été élu en 2007 pour terminer le mandat à la mairie de Québec d'Andrée Boucher, décédée subitement. Le maire sortant refuse les débats publics entre autres avec le candidat à la mairie Yonnel Bonaventure, du Défi vert de Québec, qui souhaitait débattre des enjeux de Québec. Un autre candidat, Langis Harvey, motivé par l'absence d'adversaires contre Régis Labeaume, s'est aussi lancé dans la course. Quant à l'animateur de radio controversé Jean-François Fillion, il a officialisé sa candidature à la mairie de Québec, à une journée de la fin de la période de mises en candidatures.
Bénéficiant d'une forte vague de popularité, Régis Labeaume, qui dit vouloir faire de Québec « la ville la plus performante et la plus attrayante au pays », est presque assuré d'être réélu. Régis Labeaume, qui veut la majorité au conseil municipal, estime la minorité ingérable.
Son parti est le seul à présenter des candidats dans les 27 districts de Québec. Le Renouveau municipal de Québec, principal parti d'opposition, a des candidats dans la moitié des districts. Par ailleurs, la chef Anne Beaulieu n'est pas de la course à la mairie. Toutefois, plusieurs indépendants pourraient empêcher le maire d'obtenir la majorité souhaitée. La véritable lutte se fera donc entre les candidats aux postes de conseillers.
La mairesse Danielle Roy-Marinelli est réélue sans opposition au terme de la période de mise en candidature pour les élections du 1er novembre. Le parti Action Lévis, qui lui décoche pourtant de nombreuses flèches, ne lui a opposé aucun candidat à la mairie.
Danielle Roy-Marinelli entreprendra donc un second mandat à la tête de cette ville. Elle l'avait emporté pour la première fois en 2005, devant le maire sortant Jean Garon.
Le maire sortant Jean Tremblay, élu pour la première fois maire de Chicoutimi en 1997 et devenu maire de Saguenay en 2002, devra affronter au moins un adversaire à l'élection municipale de novembre: Michel Potvin, l'ancien président du Syndicat des producteurs de lait de la région. Ce dernier fait de l'amélioration de l'organisme Promotion Saguenay, fondé par le maire sortant, l'un de ses chevaux de bataille.