
Les élus seront désormais au coeur des décisions économiques régionales avec la création de la Conférence des élus, qui vient remplacer les conseils régionaux de concertation et de développement (CRCD).
 | Nathalie Normandeau et Michel Audet
| Le glas a sonné, cette semaine pour les CRCD. « On change les structures : les centres régionaux de développement sont remplacé par des Conférence régionales des élus formés de maires qui établiront la politique de développement. », a annoncé mercredi le ministre du Développement économique et régional, Michel Audet.
Les CRCD, créés il y a plus de trente ans par le gouvernement Bourassa, seront remplacés par un regroupement d'élus locaux qui auront dorénavant la mainmise sur l'économie régionale. Dans la plupart des régions, l'annonce de la fin des CRCD n'est pas une surprise, tous vivaient en sursis depuis l'élection du gouvernement Charest en avril dernier.
Une nouvelle structure Les conférences régionales des élus (CRE) pourront nommer des membres additionnels qui proviendront de divers milieux comme celui de l'éducation, de la culture, de l'économie et des sciences. Mais le nombre de membres issus de la société civile ne pourra dépasser le tiers du conseil d'administration.
Les députés de l'Assemblée nationale pourront participer aux délibérations, mais n'auront pas le droit de vote. Les conférences devront préparer un plan quinquennal de développement pour chaque région. Le gouvernement prévoit mettre en place les CRE au cours de sa première année de mandat.
Pour le gouvernement Charest, l'implantation de ces nouvelles structures régionales constitue une première étape de la décentralisation des pouvoirs vers les régions. Cette seconde étape ne sera pas entamée avant un an. Le projet de loi ne prévoit pas d'argent nouveau pour les régions.
Accueil favorable des organismes municipaux L'Union des municipalités du Québec (UMQ) accueille favorablement le projet de loi sur le développement économique et régional. Elle se réjouit du fait que la structure sera allégée et que les élus municipaux joueront un rôle important.
Même son de cloche du côté de la Fédération québécoise des municipalités (FMQ), pour qui le projet de loi constitue « un changement majeur dans les rapports entre élus municipaux et le gouvernement. »
La FMQ a été consultée par le gouvernement sur la réforme vers une décentralisation régionale. Elle demandait que le changement repose sur de meilleures relations entre le gouvernement et le monde municipal, la responsabilité locale envers la définition et la gestion des enjeux locaux et la participation de la société civile.
La société civile C'est justement la participation de la société civile qui inquiète Solidarité rurale. L'organisme, dévolu au développement rural, craint que certains groupes de la société ne soient plus représentés au sein des futures conférences régionales des élus.
De plus, avec la nouvelle loi, ce sont les MRC, où siègent déjà les maires, qui investiront l'argent consacré au développement local. Ainsi, cette année, le gouvernement du Québec dépensera 90 millions pour développer l'économie des régions.
Tout cela fait dire au critique de l'opposition, Richard Legendre, qu'il s'agit d'un recul de la démocratie participative. Selon le député péquiste, les représentants du monde des affaires et de l'éducation seront nommés selon le bon vouloir des maires.
Tournée régionale Dès la semaine prochaine, la ministre déléguée au Développement régional, Nathalie Normandeau, partira en tournée dans toutes les régions du Québec. Sa tournée aura pour but d'informer les intervenants régionaux des nouvelles orientations du gouvernement. Le gouvernement prévoit adopter son projet avant Noël.
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