La députée libérale de Trois-Rivières s'excuse de nouveau

Le reportage de Madeleine Goubau

Dans une tentative de sauver les travaux de la commission sur le déclassement de la centrale Gentilly-2, la députée libérale Danielle St-Amand s'est de nouveau excusée, jeudi, pour les propos disgracieux qu'elle a tenus à l'égard de la ministre de l'Environnement du Québec, Martine Ouellet.

La députée de Trois-Rivières demande aux membres de la commission de recevoir ses excuses et de « donner suite aux travaux de la commission en déposant ses recommandations par égard aux citoyens de la Mauricie ».

« Je suis profondément peinée de la tournure des événements. Je tiens à m'excuser auprès de la ministre Ouellet ainsi qu'auprès de mes collègues de la commission pour mes propos qui, j'en conviens, étaient inappropriés et qui ont nettement dépassé mes intentions », a-t-elle affirmé en ajoutant : « Il m'apparaît essentiel que les travaux de la commission puissent être rendus publics et qu'ils fassent l'objet d'un rapport à l'Assemblée nationale, en considération des partenaires et intervenants impliqués. Ces gens qui ont investi temps et énergie à produire et défendre leurs mémoires méritent de connaître les résultats de nos travaux », a conclu Mme St-Amand.

La députée péquiste de Champlain, Noëlla Champagne, avait annoncé que la commission parlementaire sur le déclassement de la centrale nucléaire Gentilly-2 ne soumettrait pas de rapport à l'Assemblée nationale en raison de propos grossiers tenus par la députée libérale. Ces propos auraient rompu le lien de « respect » requis entre les parlementaires pour que ceux-ci puissent poursuivre leurs discussions.

Mme St-Amand aurait en effet insulté la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, en lui lançant à trois reprises : « Va donc chier » et en la traitant de « crisse de folle ».

« Considérant qu'une agressivité et des propos choquants tenus lors de cette séance de travail ont miné la bonne marche de la rencontre et mis fin au lien de respect élémentaire entre parlementaires [...], les membres de la commission parlementaire représentant le gouvernement ne peuvent continuer dans ces conditions à échanger sur ce rapport », a fait savoir le cabinet du whip en chef du gouvernement dans un communiqué.

Plus tôt dans la journée, Danielle St-Amand s'était expliquée une première fois en affirmant que c'était la présence de la ministre des Ressources naturelles qui avait mis le feu aux poudres. Selon elle, la ministre Ouellet aurait elle-même fait preuve d'une attitude irritante lors de la rencontre de travail, mardi soir. La députée de Trois-Rivières soutenait que la ministre des Ressources naturelles ne voulait pas de rapport dans le dossier de Gentilly-2, et qu'elle a tout fait pour bloquer les travaux de la commission.

Un incident différemment commenté

Le député péquiste de Saint-Maurice, Luc Trudel, a jugé que « c'étaient des propos franchement grossiers qui n'avaient pas leur place du tout. On a poursuivi la séance de travail, mais tout de suite après, on s'est rencontrés pour dire qu'on ne pouvait plus tolérer des discussions dans un contexte comme ça ».

Pour sa part, le député caquiste de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, juge les propos de Mme St-Amand inacceptables, même si la ministre Ouellet avait adopté, selon lui, un « ton cassant » pendant la séance de travail.

Le porte-parole de l'aile parlementaire libérale, Charles Robert, a rejeté quant à lui le blâme sur le gouvernement. « La réaction du gouvernement est disproportionnée. C'est sûr que c'étaient des propos inappropriés, mais le gouvernement aurait dû se placer au-dessus de la mêlée. Les péquistes se sont servis de l'incident comme prétexte pour mettre fin aux travaux », a-t-il dit.

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