Ils marchent à Bécancour pour sauver Gentilly-2

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Des centaines de personnes manifestent contre la fermeture de la centrale Gentilly-2 à Bécancour. Des centaines de personnes manifestent contre la fermeture de la centrale Gentilly-2 à Bécancour.

Des centaines de personnes ont participé dimanche à une manifestation contre la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2.

La marche de solidarité avec les employés de la centrale, qui est organisée par les chambres de commerce locales, s'est mise en branle à 10 heures devant l'hôtel de ville de Bécancour. Les marcheurs ont parcouru les 8 kilomètres les séparant de la centrale Gentilly-2, devant laquelle ils ont tenu une manifestation.

Dès sa prise du pouvoir, le gouvernement Marois a annoncé la fermeture de la centrale, qui emploie plus de 800 travailleurs spécialisés.

Compte tenu de l'impact économique que cette fermeture aura sur la région, les opposants estiment que le gouvernement aurait dû s'asseoir avec l'ensemble des groupes impliqués pour étudier la situation objectivement, et prendre ensuite les décisions qui s'imposent.

Ils gardent espoir quant à la relance de la centrale et demandent une rencontre avec les dirigeants, dont la première ministre Pauline Marois et sa ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet.

Pour la tenue d'une commission parlementaire

Jean-Denis Girard, président de la Chambre de commerce et d'industrie du Coeur-du-Québec, évoque même la tenue d'une commission parlementaire sur le sujet.

« Je crois qu'on est dus pour un débat au niveau de Gentilly-2, pour mettre les choses au clair ; il y a toutes sortes de chiffres et toutes sortes de choses qui sont véhiculées, je crois qu'il faut faire la lumière là-dessus », a-t-il déclaré en entrevue au Réseau de l'information.

La mairesse de Bécancour, Gaétane Désilet, abonde dans le même sens. « Je pense qu'il faut vraiment se poser la question : est-ce que cela prend une commission parlementaire, est-ce que ça prend un débat? Je pense que là, avec les chiffres qu'on a eu les autres semaines, ceux qui connaissent ça vont pouvoir s'asseoir, et peut-être sortir des chiffres qui vont être réels », a-t-elle commenté en marge de la marche de dimanche.

Gentilly 2

Le quotidien Le Devoir rapportait samedi qu'Hydro-Québec recommande la fermeture de Gentilly-2 parce que les coûts de réfection seraient prohibitifs, atteignant près de 4,3 milliards de dollars.

Jean-Denis Girard dit d'ailleurs se poser de sérieuses questions sur les chiffres avancés dans le rapport d'Hydro-Québec obtenu par Le Devoir. « Nos chiffres ne concordent pas du tout avec ceux du gouvernement, c'est pourquoi on veut le rencontrer », a-t-il précisé, estimant que le dossier ne devrait pas se régler dans les médias.

Danielle St-Amand, députée libérale de Trois-Rivières, parle de son côté d'improvisation de la part du gouvernement péquiste. « Je ne peux pas faire mon travail sur des suppositions. La ministre elle-même a dit cette semaine qu'elle ne pouvait pas venir rencontrer les gens, parce qu'elle n'avait pas de rapport, elle n'avait pas de document », a déclaré Mme St-Amand.

Diversifier la région

La mairesse de Bécancour dénonce le silence du cabinet de la première ministre sur la question. « On pensait que j'aurais eu un coup de téléphone pour parler de l'économie de la région, mais non », a dit Mme Désilets.

De plus, les demandes pour obtenir une rencontre avec Mme Marois demeurent sans réponse.

Mme Désilets avoue avoir rencontré le ministre responsable des régions de la Mauricie et du Centre-du-Québec, Yves-François Blanchet, qui ne se serait pas « montré fermé » à la mise sur pied d'un « outil de concertation quelconque ».

M. Blanchet aurait aussi réitéré la promesse du gouvernement de consacrer une enveloppe d'investissements de 200 millions de dollars à la diversification de l'économie de la région, une proposition insuffisante qui ne permettra jamais de contrebalancer les lourdes pertes d'emplois directs et indirects que représente la fermeture de la centrale, selon Mme Désilets.

La mairesse croit que toute la responsabilité de fermer ou non la centrale nucléaire retombe sur les épaules du gouvernement. « Ce n'est pas la ville de Bécancour qui décide ça, mais c'est la façon dont l'annonce a été faite qui a fait réagir », juge-t-elle.

La population continuera de se mobiliser pour obtenir une rencontre avec Mme Marois dans les plus brefs délais, prévient Mme Désilets.

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