L'École nationale de police à Nicolet. (archives)
L'École nationale de police du Québec subit les contrecoups du contrôle des dépenses du gouvernement provincial, alors que Québec réduit de 55 % le budget qui lui est accordé pour le paiement de son loyer, situé à Nicolet.
Ces compressions de 3,5 millions de dollars devraient entrer en vigueur en avril, dès le début du prochain exercice financier. Le président de l'Association des policiers provinciaux du Québec, Jean-Guy Dagenais, ainsi que les membres du conseil d'administration confirment qu'il y aura d'importantes conséquences.
Il pourrait notamment y avoir une hausse de 25 à 50 % des frais d'inscription pour les futurs policiers. Chaque année, 648 policiers suivent leur formation à l'École nationale de police et paient à l'heure actuelle 7300 $ pour une formation de 15 semaines.
De son côté, le porte-parole de l'établissement, Pierre Saint-Antoine, souligne que différentes solutions seront envisagées.
« Oui, ça fait mal 55 % d'une subvention d'un loyer, dit-il. Pour une institution comme la nôtre, le déménagement n'est absolument pas envisagé. Nous allons commencer par regarder l'ensemble de nos leviers de revenus pour tenter de ne pas viser la mission et les mandats. »
Des étudiants de l'École nationale de police (archives)
Le conseil d'administration compte également sur la nouvelle clientèle formée chaque année pour augmenter ses revenus, notamment les agents de la faune, les agents correctionnels et les contrôleurs routiers.
La direction de l'École nationale de police rappelle qu'elle devait déjà faire sa part en réduisant son budget de plus de 800 000 $, d'ici 2014, en vertu de la Loi sur les compressions budgétaires gouvernementales.
« J'ai trouvé ça décevant parce que premièrement, on a appris ça à la dernière minute. Je crois que le budget 2011-2012 était déjà fait et l'École nationale a dû se raviser complètement dans ses états financiers », déclare Jean-Guy Dagenais.
Pour sa part, le ministre de la Sécurité publique du Québec, Robert Dutil, a tenu à justifier ces compressions.
« C'est à la demande de la population et de l'opposition que nous avons équilibré l'effort, dit-il. Il y aura une certaine participation des contribuables, mais il y aura également des compressions qui doivent être faites de façon sérieuse. Des analyses ont été faites et on regarde de quelle façon on peut faire plus avec moins, tel qu'on nous le demande. »
Les membres du conseil d'administration tenteront quant à eux de faire renverser cette décision auprès du ministre Robert Dutil.