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Mauricie Cours d'éthique et de culture religieuse

Le débat se transporte en cour

Mise à jour le lundi 11 mai 2009 à 16 h 56

Manifestation contre le cours d'éthique et de culture religieuse

Manifestation contre le cours d'éthique et de culture religieuse (archives)

Le débat sur la pertinence du cours d'éthique et de culture religieuse (ECR) se transporte devant la Cour supérieure du Québec à Drummondville. Une famille conteste le caractère obligatoire du cours pour les élèves du niveau primaire et secondaire.

En matinée, la mère de famille qui est à l'origine de la requête a été appelée à témoigner. Celle-ci a fait valoir que le cours d'éthique et de culture religieuse risque de créer une confusion chez son enfant, qui est en première année au primaire, puisque l'élève n'est pas en mesure de faire la distinction entre les faits et ce qui relève du conte et de la légende. L'enfant, dit la mère, croit par exemple encore au Père Noël.

La requérante a également insisté sur le fait que le programme était rempli d'irrégularités. Selon elle, le manuel scolaire omet notamment de décrire le rôle des rois mages.

Pour l'avocat des plaignants, la formation en ECR devrait être optionnelle pour respecter le droit des parents d'éduquer leurs enfants conformément à leurs convictions religieuses ou philosophiques.

L'athéisme est une conviction philosophique parfaitement légitime. Un parent du Québec peut et doit avoir le droit d'élever son enfant dans cette conviction philosophique. Avec le nouveau programme d'ECR obligatoire, tout enfant du Québec, même l'enfant athée, est exposé à cette religion dès l'âge de six ans et pour toute la durée de sa scolarité primaire et secondaire. On ne se bat pas ici pour des catholiques ou des chrétiens, on se bat pour des citoyens qui veulent récupérer une liberté de choix, athées inclus.

— Me Jean-Yves Côté, avocat des parents

De son côté, le procureur de la Couronne estime que le cours d'éthique et de culture religieuse a sa raison d'être.

Ce que l'on tente de démontrer ici, c'est que le programme, tel qu'il a été écrit, poursuit des objectifs légitimes. [...] La poursuite du bien commun et le vivre ensemble sont ce que tout le monde devrait privilégier. C'est ce que nous tentons de démontrer.

— Me Benoît Boucher, procureur de la Couronne

Rappelons que des opposants regroupés au sein de la Coalition pour la liberté d'expression ont organisé des manifestations au cours des dernières semaines pour dénoncer le cours d'éthique et de culture religieuse.

Le porte-parole de la Coalition, Richard Décarie, affirme que quelque 100 000 personnes appuient la démarche de l'organisme.

Au Québec, 1200 parents ont demandé que leurs enfants soient exemptés du cours d'éthique et de culture religieuse.

Jurisprudence

La cause, qui a attiré un public nombreux lundi au palais de justice de Drummondville, est suivie avec grand intérêt, puisqu'elle pourrait faire jurisprudence, notamment à Granby.

Un juge qui doit se prononcer sur le cas de six élèves qui ont été suspendus temporairement de l'école J.H.-Leclerc parce qu'ils boycottaient le cours d'éthique et de culture religieuse a déjà indiqué qu'il attendait ce verdict avant de rendre sa décision.

Le procès devrait s'échelonner sur quatre jours.

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