La centrale Gentilly-2
La réfection de la centrale nucléaire Gentilly-2 à Bécancour coûtera encore plus cher au gouvernement québécois. La télévision de Radio-Canada a appris qu'en plus des 1,9 milliard de dollars qu'Hydro-Québec alloue au projet, Québec doit fournir une nouvelle garantie financière de 1,6 milliard pour moderniser la centrale.
Radio-Canada a appris qu'en plus des 1,9 milliard de dollars qu'octroie Hydro-Québec à la réfection de la centrale nucléaire, le gouvernement du Québec doit consentir une garantie financière de 1,6 milliard pour le projet.
En vertu d'une loi, la Commission canadienne de sûreté nucléaire exige une garantie financière de l'État pour couvrir les coûts d'une éventuelle démolition de la centrale Gentilly-2.
Jusqu'à présent, la garantie exigée à Québec pour la centrale Gentilly-2 se chiffrait à 685 millions de dollars. Avec le projet de réfection, elle s'élève maintenant à 1,6 milliard de dollars.
Selon l'économiste Jean-Thomas Bernard, l'évaluation de ces coûts représente un risque pour le gouvernement québécois. « À un moment donné, il y aura des coûts réels à supporter pour enfouir, décontaminer le site. [...] Est-ce que ce sera suffisant dans 25, 30 ans? Présentement, c'est très difficile de se prononcer à ce sujet », prévient-il.
Pour Jacques Dagenais, un ex-financier à la retraite, les coûts du démantèlement de la centrale nucléaire sont sous-évalués: « La centrale Gentilly-2 représente le plus grand risque financier et environnemental au Québec ».
M. Dagenais a d'ailleurs demandé une enquête du vérificateur général sur le prix réel du nucléaire. Il conteste les chiffres d'Hydro-Québec qui évalue le coût de gestion des déchets nucléaires à 200 000 $ la tonne. À son avis, le coût se chiffre plutôt à 1 million de dollars la tonne.
Le président d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, affirme que l'électricité produite à Gentilly-2 revient à 7,2 ¢ du kilowatt-heure. Aux États-Unis, une étude financée par l'industrie nucléaire évalue plutôt le coût entre 8 ¢ et 11 ¢ du kWh.
L'opposition persiste
Par ailleurs, un regroupement d'artistes, d'écologistes et de scientifiques a lancé la campagne « Sortons le Québec du nucléaire », mardi, pour s'opposer à la réfection de la centrale Gentilly-2.
Le groupe d'opposants avance qu'Hydro-Québec sous-estime les coûts de la réfection de la centrale nucléaire. Le groupe évalue le montant à 3,8 milliards de dollars plutôt que la somme de 1,9 milliard avancée par la société d'État.
De plus, les opposants remettent en question la pertinence de procéder à ces coûteuses réfections, alors qu'Hydro-Québec développe déjà de nouveaux barrages hydroélectriques et des parcs d'éoliennes.
Le groupe d'opposants, mené par la cofondatrice d'Équiterre, Laure Waridel, prêche en faveur de mesures d'efficacité énergétique plutôt que d'augmenter l'offre d'énergie. Le public est d'ailleurs invité à signer une pétition en ligne et à adresser un message à Hydro-Québec, de même qu'au premier ministre Jean Charest.