USB : les aveux d’infraction à la loi n’auraient pas d’impact sur la campagne de financement

L'Université de Saint-Boniface

Alors que l'Université de Saint-Boniface a avoué la semaine dernière avoir contrevenu aux lois électorales provinciale et fédérale en remboursant certaines dépenses à ses employés, elle affirme n'avoir reçu, jusqu'à présent, aucune plainte de la part de ses donateurs.

« On valorise les relations avec nos donateurs et leurs dons sont placés dans notre fonds en dotation en fonction de la cause qu'ils voulaient soutenir, que ce soit une construction, un fonds de bourse désigné ou non désigné. Et on a une vérification externe qui se fait de tout cela, alors la comptabilité elle est faite pour bien respecter les souhaits de nos donateurs », explique la directrice du Bureau de développement de l'USB, Gisèle Barnabé.

Le président du Bureau des gouverneurs de l'établissement, Léo Robert, a présenté son mea-culpa la semaine dernière. Des documents obtenus par Radio-Canada en vertu de la Loi sur l'accès à l'information montrent que plus de 3500 $ ont été remboursés à des employés ayant participé à des activités de financement politique, entre 2010 et 2011.

« Ce qu'on a déterminé, c'est que si les remboursements n'étaient pas pris des fonds publics, des octrois qu'on reçoit du gouvernement fédéral ou provincial, mais étaient plutôt pris des fonds non grevés, des dons des gens qui nous donnent de l'argent pis qui nous spécifient pas que c'est pour des bourses ou d'autres programmes, on croyait, au Bureau, à l'époque, respecter pleinement la loi », avait justifié le président le 25 janvier.

Représentation graphique des remboursements accordés par l'Université de Saint-Boniface à ses employés pour des activités de financement politique, entre 2010 et 2011, selon le montant total des dépenses par parti politique. Ce graphique montre les contributions à des activités de financement de partis politiques pour lesquelles l'USB a remboursé ses employés, entre 2010 et 2011.

Faute avouée à moitié pardonnée

Selon certains donateurs de l'Université ou de partis politiques à qui Radio-Canada a parlé et qui ont souhaité garder l'anonymat, l'USB a bien réagi en admettant sa faute.

Me Rhéal E. Teffaine, donateur de l'université qui intervient parfois sur les ondes de Radio-Canada en tant qu'analyste politique, n'est pas de cet avis.

« Moi, je trouve qu'il y a une certaine désinvolture vis-à-vis de cela, qui va porter les gens à réfléchir quand va venir le temps de faire un nouveau don. Alors non, je ne prends pas ça à la légère du tout. Au contraire, j'ai été bouleversé lorsque j'ai entendu parler de ces évènements-là », estime cet avocat d'allégeance conservatrice.

Quant à la province, elle refuse de commenter le sujet. Le bureau de la ministre de l'Enseignement postsecondaire et de l'Alphabétisation, Erin Selby, estime que l'affaire doit se régler entre l'Université de Saint-Boniface et Élections Manitoba.

Dans une lettre adressée au commissaire aux élections du Manitoba et datée du 24 janvier, les avocats de l'Université lui demandent de mener une enquête sur ces contributions aux partis politiques.

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