Autochtones : hier, aujourd’hui, demain

Idle No More : jour de blocages au Manitoba

Des manifestants du mouvement Idle No More prennent position sur les rails d'un chemin de fer du Canadien National au Manitoba, le 16 janvier 2013. Des manifestants du mouvement Idle No More prennent position sur les rails d'un chemin de fer du Canadien National au Manitoba mercredi.  Photo :  Claudine Richard

Des organisateurs du mouvement Idle No More annoncent plusieurs blocages de route et de chemins de fer mercredi, dans le cadre d'une journée nationale d'action.

Une manifestation de membres de la Première Nation Berens River a premièrement eu lieu en matinée à Winnipeg. Les manifestants ont arpenté le centre-ville et se sont rendus devant le palais législatif, en se réclamant du mouvement Idle No More pour rappeler les problèmes de sécurité concernant leur école. Elle avait été fermée à cause de la présence d'amiante.

Des perturbations de la circulation ont ensuite commencé dès midi à The Pas, à plus de 600 km au nord de Winnipeg et dans la réserve de Fairford, à environ 200 km au nord de la capitale manitobaine.

Terry Nelson, ancien chef de la nation Roseau River, a indiqué que des chemins de fer du Canadien Pacifique et du Canadien National seront perturbés, mais n'a pas précisé à quel endroit, ni jusqu'à quel point.

Le but des perturbations, selon M. Nelson, est d'éduquer les Canadiens sur les litiges fonciers et les droits conférés aux Autochtones par les traités avec le gouvernement et la Couronne.

L'ancien chef autochtone a également assuré que le plan n'est pas d'user de force, mais que suffisamment de gens sont prêts à assumer les conséquences d'un blocage des voies ferrées. « Si des gens dans les blocages de chemins de fer se font arrêter, d'autres prendront leur place », a-t-il estimé.

Pour sa part, l'organisateur d'un rassemblement également prévu à midi sur le pont situé près du barrage Fairford, sur l'autoroute 6, a prévenu que son événement pourrait se transformer en blocage complet du pont. Selon Derrick Gould, il n'attend que les instructions de l'Assemblée des chefs du Manitoba (AMC).

De son côté, le grand chef de l'AMC, Derek Nepinak, a exprimé son inquiétude quant à la possibilité que des manifestants aillent trop loin. « Je crains que des gens aient recours à la force pour faire passer leur message, et que cela mène à l'usage de la force contre eux », a-t-il déclaré. Le grand chef a indiqué qu'il n'entérinait pas l'usage de la force.

Plus tôt cette semaine, en Alberta, des organisateurs du mouvement, qui revendique que soient consultées les Premières Nations avant tout changement aux lois qui les touchent, ont déconseillé le recours au blocage de routes pour faire entendre le message des protestataires.

Des membres de la Première Nation Berens River au Manitoba, défilent le long de la rue Colony au centre-ville de Winnipeg, le 16 janvier 2013. Des membres de la Première Nation Berens River défilent le long de la rue Colony au centre-ville de Winnipeg.  Photo :  Meahan Fiddler