« Plus de contenu canadien positif » réclamé au Musée pour les droits de la personne

La dernière pièce de verre sur le point d'être posée sur l'édifice du Musée canadien pour les droits de la personne, en septembre 2012. Le Musée canadien pour les droits de la personne (archives).  Photo :  Claudine Richard

Le conseil d'administration du Musée canadien pour les droits de la personne (MCDP) à Winnipeg est critiqué pour avoir réclamé que l'établissement inclue davantage d'éléments positifs de l'histoire canadienne, selon des documents obtenus par le réseau anglais de Radio-Canada.

Le MCDP, le seul musée fédéral à l'extérieur de la région de la capitale nationale, fait l'objet de controverse entourant des allégations d'ingérence politique et d'un mouvement notable de personnel.

Des 38 employés qui ont quitté leur emploi depuis le début du processus d'embauche, 24 ont démissionné ou ont été congédiés. Les 14 autres ont complété leur contrat. Le Musée compte aujourd'hui 68 employés.

Dans une lettre en juillet dernier, le directeur général Stuart Murray a écrit que « le conseil a recommandé des changements matériels à l'expérience de visite », incluant un ton « plus optimiste » dans une galerie et « davantage de contenu positif canadien ».

« Nous sommes censés préserver et promouvoir notre patrimoine, pas seulement montrer nos échecs du passé », a déclaré M. Murray, dans une entrevue à CBC.

La professeure en droit Karen Busby, qui sert d'agente de liaison entre l'Université du Manitoba et le musée, n'approuve pas une telle directive.

« Selon mon expérience, le rôle d'un organe de gouvernance dans un établissement comme celui-ci est d'assurer que le mandat est respecté. Ils ne devraient pas dicter le contenu des expositions », a-t-elle estimé.

Les opinions du président du C.A. décriées

En outre, le contenu d'une vidéo promotionnelle de huit minutes fait l'objet de critiques de la part d'employés du musée qui se sont confiés à CBC-Radio-Canada. Selon ces employés, la direction ne voulait pas inclure de contestation environnementale ou de mention des sables bitumineux.

Les employés s'inquiètent d'opinions déjà exprimées par le président du conseil d'administration, Eric Hughes, sur les changements climatiques, la pauvreté et le capitalisme. M. Hughes, un comptable agréé, a des intérêts financiers dans l'industrie du pétrole de l'Alberta.

La semaine dernière, il a été reconduit par le ministre du Patrimoine canadien James Moore au poste de président qu'il occupait par intérim.

Le directeur général du MCDP écarte l'idée que les opinions de M. Hugues puissent influencer le contenu des expositions.

« Le conseil d'administration peut-il décider du contenu? Non. Le rôle du conseil est de superviser, d'assurer la gouvernance, de gérer, ce qu'il fait de manière incroyable. Donc, il y a des débats et des discussions, mais la décision ultime me revient », a martelé M. Murray.

M. Hugues a lui aussi soutenu que le conseil pouvait être un lieu de débat, mais que ceux-ci ne devenaient pas des politiques à suivre. Les sujets qui ne sont pas abordés dans les expositions inaugurales pourront toujours l'être dans d'autres expositions, rappelle-t-il.