Appel de la peine imposée à Graham James : la cause prise en délibéré

Graham James : peine contestée

Les juges de la Cour d'appel du Manitoba feront savoir à une date ultérieure s'ils tranchent ou non en faveur de la Couronne, qui réclame que l'ancien entraîneur de hockey Graham James reçoive une peine plus sévère que celle qui lui a été imposé en mars dernier.

Contestant lundi la peine de deux ans d'emprisonnement pour agression sexuelle infligée il y a neuf mois, la Couronne a plaidé que la juge de première instance a surévalué l'importance d'une peine précédente imposée à l'ancien entraîneur et surestimé l'impact de l'humiliation publique qu'il a vécue.

La Couronne réclame qu'une peine de six ans d'emprisonnement soit imposée. Si la requête de la Couronne est rejetée, Graham James sera admissible à une certaine forme de remise en liberté en juillet 2013.

Graham James, absent de la présentation de lundi, a reçu en mars dernier une peine de deux ans d'emprisonnement pour des accusations d'agressions sexuelles à l'endroit de Theoren Fleury et de Todd Holt, à l'époque où ils étaient adolescents. Il avait plaidé coupable de ces crimes en décembre 2011.

L'homme a toutefois également été condamné en 1997 à trois années d'emprisonnement pour le même genre de crimes contre d'autres joueurs de hockey mineurs, dont Sheldon Kennedy, durant les années 1980 et 1990.

Néanmoins, en prononçant sa peine en mars, la juge de première instance, Catherine Carlson, s'est dite liée par le Code criminel du Canada. Elle expliquait avoir pris en considération le fait que l'accusé recevait une peine pour des crimes également commis dans les années 1980 et 1990, mais à l'endroit de différentes victimes.

Lundi, la procureure de la Couronne Liz Thompson a insisté sur le fait que la peine minimum pour de tels crimes sexuels est de quatre ans.

De son côté, l'avocat du condamné, Evan Roitenberg, a fait valoir que son client n'a pas récidivé depuis sa première condamnation. L'avocat a aussi dit que M. James croyait sincèrement, à l'époque, être en relation amoureuse consensuelle avec les jeunes garçons, et qu'il ne se voyait pas comme un prédateur sexuel.

« Une petite tape sur la main », dit une ancienne victime

Peu avant l'ouverture des procédures lundi, Todd Holt s'est dit d'avis que son ancien bourreau doit recevoir une peine plus sévère, afin que cela serve de leçon à d'autres. Plusieurs Canadiens sont de son avis, selon lui.

« Je crois que Graham mérite de rester derrière les barreaux durant longtemps [...] Quand il a reçu la peine de deux ans, vous avez vu combien les gens étaient scandalisés », a-t-il évoqué.

« Je veux protéger les enfants. Je veux que tous soient avertis [...] Ces criminels, s'ils n'écopent que de deux ans d'emprisonnement, c'est comme une petite tape sur la main », a estimé M. Holt.

L'autre victime des crimes pour lesquels Graham James a été le plus récemment condamné, Theoren Fleury, a elle aussi dénoncé les deux ans d'emprisonnement imposés par la juge Carlson.

Pour sa part, Greg Gilhooley, un avocat disant avoir été victime de l'ancien entraîneur quand il était jeune joueur, croit également que la peine imposée était trop faible et qu'elle était le fruit d'un bon plaidoyer de la part de l'avocat de M. James.

« L'avocat de Graham a fait un bon travail en le décrivant comme une victime, comme un homme réhabilité qui ne comprenait tout simplement pas que ce qu'il faisait était mal, à l'époque », a exposé M. Gilhooley.

« Eh bien, Graham était un homme qui couvrait ses fenêtres, afin que le monde ne voie pas ce qu'il nous faisait. Graham mérite de pourrir en enfer », a jugé celui qui a accepté en décembre 2011 que la Couronne laisse tomber les accusations d'agressions sexuelles perpétrées à son endroit.