Santé Canada met en garde contre la thermographie pour le dépistage du cancer

thermographie_sein_SC Après la Société canadienne du cancer et l'Association des radiologistes canadiens, c'est au tour de Santé Canada de tirer la sonnette d'alarme au sujet de la thermographie comme outil de dépistage du cancer du sein.  Photo :  CBC

Contrairement à ce que certaines cliniques affirment, aucune donnée scientifique ne confirme l'efficacité de la thermographie pour le dépistage précoce du cancer du sein, souligne Santé Canada dans un avis publié sur son site Internet.

L'Agence a diffusé la mise en garde mercredi, après la diffusion d'un reportage de Radio-Canada qui soulevant des questions sur cette pratique de dépistage du cancer du sein.

L'enquête a révélé mardi que des dizaines de cliniques privées au pays, dont à St-John's, Montréal et Winnipeg, faisaient la promotion de la thermographie comme un outil de dépistage du cancer du sein, ce que rejette la Société canadienne du cancer, les radiologistes canadiens et Santé Canada.

Dans son avis diffusé mercredi, le ministère de la Santé souligne que cette technique peut même représenter un risque pour la santé des femmes et qu'elles ne peuvent en aucun cas compter sur cette technologie pour déterminer si oui ou non elles ont un cancer du sein, ni remplacer des visites chez le médecin et des examens périodiques de surveillance et de dépistage du cancer du sein.

Santé Canada signale également son intention de communiquer avec les fabricants de thermographes pour leur rappeler qu'il est interdit de faire la promotion ou de vendre ces appareils pour dépister le cancer du sein. L'importation et la commercialisation de tout produit non homologué pourrait même être suspendu, peut-on lire dans le communiqué.

Le ministère de la Santé fédéral informe également les provinces que les cliniques sous leur responsabilité doivent cesser de promouvoir ou utiliser la thermographie pour le dépistage du cancer du sein.

Mardi, dans la foulée du reportage de Radio-Canada, le Manitoba a ordonné à une clinique de thermographie de Winnipeg de cesser ses activités, et a lancé sa propre enquête.