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Les cas d'automutilation chez les femmes autochtones dans les établissements carcéraux fédéraux ont particulièrement augmenté dans les Prairies, montrent des données carcérales.
Radio-Canada a appris que 214 cas ont été relatés l'an dernier dans les Prairies, contre 128 en 2010, selon des documents obtenus grâce à une demande en vertu de la loi sur l'accès à l'information.
Ces documents indiquent que l'automutilation chez les détenues autochtones dans les établissements fédéraux des Prairies affichait un taux 26 fois plus élevé qu'en Ontario ou en Colombie-Britannique en 2011.
Les détenues autochtones sont surreprésentées dans les données globales de mutilation dans les Prairies, représentant 214 de l'ensemble des 259 cas pour cette région en 2011.
La directrice nationale de la Société Élizabeth Fry, Kim Pate, ne s'étonne pas de cette augmentation et confirme que son organisme, qui vient en aide aux femmes judiciarisées, constate une hausse des femmes déprimées ou suicidaires.
Selon Mme Pate, il existe un manque de programmes sociaux pour s'attaquer aux problèmes qui ont conduit les détenues derrière les barreaux.
Une ex-détenue parle du désir d'être entendue
Rachel Willan, une Manitobaine qui aide des reprises de justice à réintégrer la société, croit aussi qu'il faut cibler davantage les conditions qui favorisent la criminalité chez les femmes autochtones.
« C'est une question d'espoir : si tu n'as pas d'espoir, tu n'as rien », juge-t-elle.
Ses bras scarifiés témoignent des épisodes d'automutilation qu'elle a elle-même vécus durant ses multiples séjours derrière les barreaux, qui totalisent près d'une vingtaine d'années.
Pour sa part, le gouvernement manitobain déclare partager la même vision que la Société Élizabeth Fry et Mme Willan, dans l'administration de ses prisons provinciales.
Le centre correctionnel pour femmes qu'a inauguré le gouvernement en février dernier à Headlingley doit s'attaquer précisément aux conditions qui conduisent les femmes autochtones au système carcéral, affirme le ministre de la Justice du Manitoba, Andrew Swan.