Des algues (archives).
Photo : Melanie Verhaeghe/CBC
Alors qu'ils fréquentent la plage depuis des décennies, les résidents de Killarney, dans le Sud-Ouest manitobain, craignent aujourd'hui pour l'avenir de leur lac en raison de la multiplication d'algues bleu-vert.
« [Les baigneurs] rentrent dans l'eau et en ressortent verts », explique le patron de Emerald Isle Motel and Resort, Richard Kautz, pour qui le lac représente le gagne-pain.
Il constate que les gens ne nagent plus beaucoup dans le lac en raison de la prolifération des algues. « Les gens arrivent et voient les poissons morts qui flottent. Eh bien, ils n'ont pas envie d'aller nager », ajoute-t-il.
Depuis son hôtel et terrain de caravanage, situé en face de la plage, il a vu le lac devenir de plus en plus vert ces 10 dernières années et il s'inquiète. « Le lac représente le moyen de subsistance de la communauté, sans lequel Killarney serait seulement une autre petite ville de 3000 habitants », souligne-t-il.
Une étude publiée plus tôt cette semaine dans le Journal canadien des sciences halieutiques et aquatiques révélait la présence d'une toxine du foie dans plus de 250 lacs canadiens. Les plus fortes concentrations de la toxine, découverte dans certains types d'algues bleu-vert, ont été observées notamment dans le sud du Manitoba.
« Le lac Killarney est l'un des pires lacs que j'aie jamais vus », a indiqué l'auteure de cette étude et doctorante à l'Université de l'Alberta, Diane Orihel.
Elle a rencontré les gens de la communauté qui essayent de résoudre le problème eux-mêmes, en utilisant des produits chimiques pour empêcher les floraisons. Ils ont également construit un bateau spécial pour enlever les algues de l'eau. Toutefois, ces solutions ne règlent pas le problème, selon la doctorante.
Le phosphore à l'origine des floraisons d'algues bleu-vert se trouve dans les sédiments au fond de l'eau, qui sont parfois là depuis longtemps.
Les microcystines produites par les algues bleu-vert (ou cyanobactéries) sont suspectées de causer le cancer.
« Les gens sont exposés aux microcystines lorsqu'ils nagent, font du jet ski et du ski nautique et ils inhalent des gouttelettes », explique Mme Orihel.
Pour Joanne et Terry Stover, qui viennent à Killarney chaque été depuis 18 ans, l'endroit est magnifique, mais le lac était beaucoup plus propre lorsqu'ils y sont venus pour la première fois.
Lorsqu'ils font du kayak, ils remarquent que le problème est bien pire. « Parfois, on ne peut rester sur le lac parce que cela brûle les yeux et l'odeur est nauséabonde. Tu veux juste sortir de là le plus vite possible ».
Ils espèrent toutefois que leurs enfants pourront venir se baigner au lac avec leurs propres enfants.
Ils estiment que la province devrait s'impliquer pour résoudre ce problème.