Le scénario de mai 2011 pourrait se répéter à Saint-Lazare, alors que la rivière Assiniboine menace de ravager les champs situés dans la vallée (archives).
Photo : Wab Kinew/CBC
Le beau temps prévu pour ce week-end pourrait amoindrir les soucis des cultivateurs de Saint-Lazare et de Brandon, mais le mal est déjà fait pour une partie des terres agricoles.
Certaines d'entre elles étaient déjà inondées jeudi, alors que la rivière Assiniboine, gonflée par les pluies des derniers jours, est sortie de son lit à la hauteur des deux municipalités manitobaines.
Près de 50 000 acres de terres pourraient être potentiellement inondés entre le barrage de Shellmouth et la ville de Brandon, selon le président de l'association des producteurs de la vallée de l'Assiniboine, Stan Cochrane.
« Il y a déjà des terres considérablement inondées entre le barrage et Saint-Lazare », indique M. Cochrane.
L'agriculteur explique qu'il faut attendre que l'eau déversée par les rivières se retire des champs avant de pouvoir semer.
« Ça ne séchera pas à temps pour faire quoique ce soit cette année », s'inquiète-t-il.
Trop tard pour une indemnisation
Il s'agit de la troisième année consécutive que des agriculteurs de Saint-Lazare accusent des pertes importantes en raison des crues.
Un agriculteur typique entretient une parcelle de terre agricole dans la vallée de la rivière et une autre en plus haute altitude, explique M. Cochrane
« Si toutes les terres sont inondées dans la vallée, et que les gens réussissaient à obtenir un dédommagement de la part de leurs assurances, il y aurait tout de même des pertes totalisant 20 millions de dollars », estime-t-il.
Toutefois, la date limite pour réclamer un dédommagement est échue, précise l'agriculteur. De plus, étant donnée la culture en deux altitudes différentes que pratiquent les producteurs, ceux-ci ne recevraient probablement rien.
« L'assurance-récolte fonctionne de façon telle que si vous avez, par exemple, une culture de canola inondée dans la vallée et une autre parfaitement bonne en plus haute altitude, cela s'annule, et vous ne recevez rien de la part de l'assurance », dit M. Cochrane.
Il ajoute que son association d'environ 50 producteurs réclame un programme permanent d'indemnisation pour les récoltes perdues dans la vallée, depuis 1995.
« Nous avons eu des programmes ad hoc. Depuis, ils ne les ont pas reconduits et nous n'avons rien reçu », dit-il.