Environ 80 élèves et employés du Southeast Collegiate, un pensionnat de Winnipeg dirigé par des Premières Nations manitobaines, ont dû être testés pour des infections après qu'une mesure de leur glycémie ait été menée de manière inadéquate.
Environ 80 élèves et membres du personnel d'un pensionnat de Winnipeg sont testés pour le VIH et l'hépatite après que leur glycémie ait été mesurée au moyen du même autopiqueur à usage personnel.
Le 4 mai dernier, le Southeast Collegiate avait invité un professeur de pédiatrie de l'Université du Manitoba pour parler aux jeunes dans le cadre d'une journée de sensibilisation au diabète.
Au cours de la présentation, le professeur a mesuré la glycémie de quelque 80 élèves et employés à la demande de l'école.
Toutefois, le professeur, qui n'est pas médecin et qui n'était pas autorisé par l'université à mener une telle procédure, a utilisé un autopiqueur courant qui n'était pas censé être utilisé auprès de différents sujets.
« L'appareil, qui a la forme d'un crayon, est destiné à un usage personnel. L'appareil ne devrait pas être utilisé pour plusieurs personnes », explique la directrice du département de pédiatrie de la Faculté de médecine de l'Université, Dre Cheryl Rockman-Greenberg.
Les lancettes - les petites aiguilles fixées à l'autopiqueur qui percent la peau - ont été changées entre chaque personne piquée, confirme la Dre Rockman-Greenberg, mais l'autopiqueur devait lui aussi être changé.
Les premiers résultats arriveront lundi prochain
L'Université du Manitoba a demandé à l'Office régional de la santé de Winnipeg (ORSW) de mener des tests de dépistage pour le VIH, ainsi que pour l'hépatite B et C auprès de tous ceux dont la glycémie a été mesurée.
Plus tôt cette semaine, un premier groupe d'environ 50 élèves et membres du personnel ont subi ce test de dépistage et devraient recevoir leurs résultats lundi prochain.
L'ensemble des 80 personnes concernées devra être testé à nouveau dans six mois.
Le risque d'infection est minime, mais pas inexistant, prévient le directeur de santé publique de l'ORSW, Dr Michael Routledge.
« Quand vous réutilisez le même autopiqueur, même si vous changez la lancette, il existe un mince risque qu'un virus puisse se retrouver sur l'embout de l'autopiqueur [...] et vous pouvez transmettre cela », explique le médecin.
« J'espère que les gens n'auront pas l'impression que c'est en fait la même aiguille qui a été réutilisée », ajoute Dr Routledge, tout en espérant que la clarification permette de dissiper un peu de l'inquiétude suscitée par la situation.
La Faculté de médecine s'excuse
Pour sa part, Dre Rockman-Greenberg rappelle que la procédure menée par le professeur n'était pas autorisée par l'université et allait au-delà du spectre de ses compétences.
Elle indique que le fautif a fait face à des mesures disciplinaires non précisées et que l'établissement a ordonné une enquête interne de l'incident.
« Nous sommes vraiment, vraiment désolés pour le stress que cela a causé aux élèves, aux parents et à la communauté », affirme la directrice, qui précise que « tous avaient les meilleures intentions ».