Privatisation des terrains de golf de Winnipeg : des élus font la sourde oreille

Golf Golf (archives)  Photo :  IS/aylinstock

Quelques 70 résidents et membres d'organismes communautaires se sont rendus mardi à l'hôtel de ville de Winnipeg pour dénoncer la vente possible des terrains de golf municipaux, mais une décision de dernière minute les a empêchés de s'exprimer.

Les citoyens ont hué les élus lorsque le comité permanent de la propriété et du développement, à la suite de l'intervention du conseiller Russ Wyatt, a biffé de l'ordre du jour les 20 comités de citoyens qui s'étaient inscrits pour faire valoir leur opinion.

La porte-parole du groupe Outdoor Urban Recreational Spaces (OURS), Wilma Sotas, a affirmé qu'elle comptait déposer une pétition de 6000 signatures réclamant une consultation. Le groupe OURS a été créé à la fin novembre lorsque la Ville a annoncé son intention de privatiser ses sept terrains de golf. Selon ce groupe, le projet de la Ville ne se marie pas bien avec la philosophie des Winnipégois, qui valorisent les espaces verts.

Quant à la représentante de la ligue des golfeuses du parc Kildonan, Marlene Akandalaft, elle soutient que « ce n'est pas tout le monde qui a les moyens d'aller jouer dans un golf privé où les prix sont exorbitants ». Elle ajoute que les terrains de golf municipaux offrent l'occasion à tout le monde de jouer au golf et de se garder en santé.

« C'est une insulte aux gens comme moi qui paient les taxes. On a été invité ici pour venir parler, puis on se fait dire que ce n'est pas à l'ordre du jour. » — Marlene Akandalaft

Le conseiller de Saint-Vital, Brian Mayes, n'est pas d'accord avec la décision de ses collègues. Il dit qu'il veut protéger le terrain du parc Windsor et que le processus de vente devrait se faire au cas par cas.

Selon Brian Mayes, la Ville a lancé un appel d'offres l'automne dernier et elle étudie présentement les 55 propositions reçues.

Une décision sans équivoque

Le président du comité permanent de la propriété et du développement, Jeff Browaty, dit comprendre la frustration des gens, mais ne pas avoir eu le choix de considérer l'argument du conseiller Russ Wyatt. Le comité n'est pas l'endroit prévu par le processus démocratique de l'Hôtel de Ville pour que se tiennent des consultations publiques, selon M. Wyatt.

M. Browaty veut se faire rassurant auprès des citoyens. Il affirme que des consultations publiques auront lieu à la longue.

L'idée de la Ville de privatiser les terrains de golf vient du fait que la gestion serait déficitaire et que la vente de ces terrains pourrait rapporter beaucoup d'argent à la Ville.