Inondations : des Autochtones pourraient poursuivre la province et le fédéral

La communauté de Lac St-Martin lors des inondations en mai 2011. La communauté de Lac St-Martin lors des inondations en mai 2011.   © Louis-Philippe Leblanc

Des membres de plusieurs réserves du nord du Manitoba envisagent d'exercer un recours collectif contre les gouvernements fédéral et provincial à la suite des inondations du printemps dernier.

Les plaignants veulent être indemnisés avant tout pour les dommages psychologiques qu'ils disent avoir subis.

L'an dernier, Kurvis Anderson a été obligé, comme plus de 3000 Autochtones manitobains, de quitter sa maison de la Première Nation de Pinaymootang, située sur les bords du lac Manitoba, à 240 km au nord de Winnipeg, à cause des inondations.

« Ne pas savoir quand nous allions devoir quitter les lieux ou quand nous allions pouvoir retourner chez nous a causé beaucoup de stress à nos communautés », explique-t-il.

Selon lui, les gouvernements sont responsables du stress psychologique causé par les évacuations et il songe à intenter un recours collectif afin d'obtenir des compensations.

Il entamerait cette action à titre individuel et chaque membre des Premières Nations affectées par les inondations pourrait s'y joindre.

Toutefois, les chances de réussite sont minces, selon Rare Hokwarts, conseiller de bande de Lac Saint-Martin, la réserve voisine.

D'après lui, les gens n'ont pas subi suffisamment de dommages financiers pour obtenir des compensations.

Cet avis est partagé par l'avocat Henri Chabanol, de Merchant Law Group, un bureau spécialisé en recours collectif.

« Pour obtenir des dommages et intérêts pour préjudice psychologique, il faut avoir été traité par un psychologue ou un psychiatre. Le stress, tout le monde le subit dans la vie de tous les jours, mais ce n'est pas compensable en tant que tel », explique-t-il.

Une rencontre devrait avoir lieu la semaine prochaine entre les plaignants potentiels et un bureau d'avocat.

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