Un syndicat manitobain conteste l'enquête publique sur la mort de Phoenix Sinclair

Phoenix Sinclair Phoenix Sinclair   © Courtoisie

Le syndicat représentant les travailleurs sociaux et ceux de la protection de l'enfance remet en cause le fait que la maltraitance et le meurtre d'une fillette de cinq ans en 2005 fassent l'objet d'une commission d'enquête.

Les arguments des avocats du gouvernement manitobain et du Syndicat des employés généraux et des fonctionnaires du Manitoba (MGEU) ont été entendus jeudi par la Cour d'appel.

Le syndicat a déposé vendredi dernier une requête au tribunal contestant le bien-fondé de la commission d'enquête sur la mort de Phoenix Victoria Hope Sinclair.

Ordonnée par la province en 2006, la commission d'enquête Sinclair doit débuter le 23 mai prochain. Elle a pour objet d'examiner comment le personnel des services à l'enfance et à la famille du Manitoba et les autorités ont échoué à protéger la fillette qui était sous la tutelle de la province.

La commission doit aussi déterminer pourquoi la mort de l'enfant est passée inaperçue pendant des mois.

La petite Phoenix a été tuée en 2005 par sa mère, Samantha Kematch, et son beau-père, Karl McKay. Son corps a été retrouvé en mars 2006, neuf mois après sa mort dans la réserve de Fisher River.

Le couple a été condamné en 2008 à la prison à vie pour meurtre avec préméditation. Un an plus tard, ils faisaient appel du jugement, avant d'être déboutés par la Cour d'appel du Manitoba en mars 2010.

L'un des avocats du syndicat, John Harvie, a soutenu jeudi que les morts des enfants placés en famille sont examinées d'habitude par les tribunaux provinciaux et non par une commission d'enquête.

Il a été dit en cour jeudi que, depuis 2003, il y avait eu six morts d'enfants dans le système des services à la famille et à l'enfance. Aucune enquête publique n'a été demandée dans ces cas, selon le syndicat.

Me Harvie a demandé à la cour d'exiger que le commissaire, Ted Hughes, prouve qu'il a l'autorité de mener une telle enquête.

De son côté, l'avocate du gouvernement, Heather Leonoff, soutient que la province a le droit de demander une commission d'enquête, qui est beaucoup plus vaste qu'une enquête et qui peut soulever des problèmes généralisés dans les services d'aide à l'enfance.

Le gouvernement a demandé à la cour de ne pas retarder davantage la commission Sinclair, affirmant qu'elle est d'intérêt public.

Le juge Martin Freedman rendra sa décision avant la fin de la semaine prochaine, a-t-il indiqué.