Jérôme Labossière coupable : sa soeur soulagée, mais insatisfaite du verdict

Paulette Desrochers écrit chaque jour dans son journal à sa mère, Rita Labossière, assassinée en 2005. Paulette Desrochers écrit chaque jour dans son journal à sa mère, Rita Labossière, assassinée en 2005.   © CBC

« La justice, il n'y en a pas de justice dans des cas comme ça », se désole Paulette Desrochers, l'une des soeurs de Jérôme Labossière. Même si elle se réjouit du verdict de culpabilité concernant son frère, elle déplore que Michel Hince soit remis en liberté.

« La justice aurait été que les deux coaccusés soient accusés de meurtres au premier degré », estime Mme Desrochers. Jérôme Labossière a été reconnu coupable mercredi soir au palais de justice de Winnipeg des meurtres prémédités de ses parents et de son frère.

Après environ 9 h de délibération, le jury a reconnu Jérôme Labossière coupable des trois chefs d'accusation de meurtre au premier degré pour les homicides de Fernand Labossière, 78 ans, sa femme, Rita, 74 ans et Rémi, 44 ans. Il est automatiquement condamné à la prise à vie sans possibilité de libération conditionnelle pendant 25 ans.

Jérôme Labossière n'a pas réagi lors de la lecture de son verdict. Lorsque la juge, Brenda Keyser, lui a demandé s'il souhaitait déclarer quelque chose, il a répondu : « Sans commentaire ».

« Il s'agit d'un crime vraiment monstrueux », a déclaré la juge à la cour. « C'est difficile de croire que quelqu'un ait pu massacrer sa famille par cupidité », a-t-elle ajouté.

« C'est mon oncle. Je pense que c'est écoeurant. Je ne sais pas comment il a pu faire ça à sa propre famille. Je ne veux plus jamais le voir. » — Sean Desrochers, neveu de Jérôme Labossière

Les corps des trois victimes, Fernand, Rita et Rémi Labossière, avaient été retrouvés dans leur maison incendiée de Saint-Léon, le 26 novembre 2005. Une autopsie avait confirmé qu'ils avaient été tués par balle.

Fernard, Rita et Remi Labossière Fernard, Rita et Remi Labossière ont été retrouvés morts sur leur ferme de St-Léon en 2005.

Le jury a par ailleurs jugé non coupable Michel Hince, qui faisait face aux mêmes accusations pour son implication dans la mort des membres de la famille Labossière. Il a été relâché. « C'est bouleversant, cela fait six longues années de l'on veut des réponses à nos questions », a déclaré Paulette Desrochers jeudi matin à Radio-Canada.

« Il a fait tellement de dommages à notre famille, mais c'est triste en même temps d'avoir témoigné contre son propre frère pour le mettre derrière les barreaux, mais il fallait faire quelque chose ».

Les gens avaient peur de témoigner dans ce procès, selon elle. « Là, la peur recommence, car les gens pensent que Jérôme va avoir des contacts avec Michel (...) Tu as un bon avocat et tu t'en sors », explique-t-elle.

Pour la famille, ce procès a permis de mieux comprendre ce qui s'est passé les 25 et 26 novembre 2005 à Sait-Léon. Même si Jérémie Toupin, le témoin clé de la couronne, a avoué avoir tué le frère de Paulette Desrochers, celle-ci n'est pas amère.

« Je suis reconnaissante pour son témoignage, parce que sans son témoignage, on n'avait vraiment de cas. Je ne pense même pas qu'il y aurait eu un procès », croit-elle.