Le président du conseil d'administration de la CCB, Allen Oberg, a témoigné mercredi devant le comité législatif spécial (photo: archives).
Photo : Karine Morin
La Commission canadienne du blé a beau mener campagne pour le maintien de son monopole et intenter des actions en justice contre le gouvernement fédéral, le ministre de l'Agriculture, Gerry Ritz, a bon espoir que le désir de changer le système du gouvernement conservateur prévaudra.
Un comité législatif spécial est chargé, pendant trois soirs d'affilée, d'étudier le projet de loi C-18, qui abolirait le guichet unique pour la commercialisation du blé et de l'orge de l'Ouest canadien.
Le comité a été mis sur pied il y a une semaine, après que le projet de loi fut passé en deuxième lecture à la Chambre des communes. Le député conservateur albertain Blaine Calkins en est le président et les conservateurs détiennent la majorité des voix dans ce comité.
Ses membres ont commencé à entendre les témoins mardi soir. Ils ont siégé jusque plus de 23 h, à écouter les témoignages des fonctionnaires des ministères, des représentants des fermiers et de plusieurs porte-parole de l'industrie des grains qui ont pris part à un groupe de travail pour conseiller le ministre Ritz.
Mercredi soir, le comité a entendu des directeurs actuels et d'anciens directeurs de la CCB, y compris son président, Allen Oberg.
« Une chose que nous n'avons pas entendue dans cette parodie de débat est la voix des fermiers », a souligné M. Oberg devant les députés, expliquant les raisons pour lesquelles le conseil d'administration de la CCB a intenté une poursuite pour que le projet de loi C-18 ne soit pas adopté.
« Le gouvernement Harper a renié le droit légal des fermiers de s'exprimer sur l'avenir de la Commission canadienne du blé, que ces exploitants soient gros ou petits », a ajouté ce producteur de céréales élu par les autres fermiers à la tête de la CCB.
Deux directeurs de la CCB qui n'ont pas la même opinion que lui ont démissionné récemment. Les fermiers albertains Henry Vos et Jeff Nielsen étaient les deux seuls fermiers élus directeurs à être pour la fin du monopole de la CCB. Ils ont démissionné après que les huit autres membres élus ont voté pour intenter une action en justice contre le gouvernement.
Après que les fermiers ont fait valoir leur position sur la question, reflétant les vives divisions au sein des agriculteurs des Prairies au sujet du changement, c'était au tour du ministre de l'Agriculture de témoigner devant le comité.
Gerry Ritz a contesté l'argumentation selon laquelle la CCB profite à tous les fermiers en leur offrant une bonification. Il n'a montré aucun signe d'inflexion dans l'intention du gouvernement d'adopter la loi rapidement.
Il espère qu'elle soit en vigueur au moment de la vente des récoltes 2012. Le projet de loi C-18 pourrait être adopté par la Chambre des communes à la mi-novembre.
Jeudi soir, le comité devrait siéger pendant six heures, jusqu'à minuit, afin de passer en revue la loi, article par article.
La CCB a par ailleurs lancé mercredi une campagne de publicité de masse demandant aux Canadiens de s'opposer au démantèlement de la commission.